L'Agence spatiale européenne et Arianespace ont lancé une commission pour enquêter sur l'échec de la mission VV17. Des « erreurs humaines » sont avancées.

Après l’accident, l’enquête. Une commission d’enquête indépendante a été annoncée le 17 novembre par l’Agence spatiale européenne (ESA) et Arianespace, afin d’identifier les raisons de l’échec de la mission VV17, qui consistait à utiliser une fusée légère Vega pour mettre en orbite deux satellites : Seosat-Ingenio pour le compte de l’agence spatiale espagnole et Taranis pour son homologue française.

Dans la nuit du 16 au 17 novembre, le petit lanceur européen a en effet été perdu lors de son ultime phase ascensionnelle : juste après le premier allumage du moteur du quatrième étage, la trajectoire de la fusée n’était plus correcte. Vega était alors en vol depuis huit minutes et aucun signe avant-coureur ne pouvait laisser présager d’un tel désastre — les trois premiers moteurs avaient par exemple bien fonctionné.

Le satellite Taranis, dédié à l’observation de certains phénomènes orageux (illustration). // Source : © CNES/ill./SATTLER Oliver, 2012

Des « erreurs humaines » évoquées

La commission, présidée par Daniel Neuenschwander, le directeur du transport spatial à l’ESA et Stéphane Israël, le patron d’Arianespace, devra «  fournir des éléments détaillés pour expliquer pourquoi des mesures n’ont pas été prises pour identifier et corriger l’erreur d’intégration » au niveau du quatrième étage. Elle devra aussi formuler une feuille de route pour la reprise du vol de la fusée Vega en toute sécurité.

Dès qu’a été confirmée la perte du lanceur, les équipes ont démarré les investigations sur les causes de la catastrophe. Les premières conclusions suggèrent bien un souci au niveau de l’étage supérieur Avum (acronyme d’Attitude and Vernier Upper Module), qui utilise un mélange de diméthylhydrazine et de peroxyde d’azote. Sa défaillance « est la cause la plus probable de la perte de contrôle du lanceur ».

Dans un échange avec la presse, Roland Lagier, directeur technique d’Arianespace, a écarté l’hypothèse d’un problème de conception. « C’était clairement un problème de production et de contrôle qualité, une série d’erreurs humaines », a-t-il dit. Il apparaît que les câbles de deux actionneurs de contrôle du vecteur de poussée étaient inversés. Les commandes pour l’un des actionneurs étaient en fait envoyées à l’autre.

La fusée Vega est jeune : son premier vol opérationnel ne date que de 2012. Elle avait fait un sans-faute jusqu’en 2019, avec son premier échec — là encore, la trajectoire de la fusée est devenue aberrante. Un vol réussi avait eu lieu ensuite, avant ce nouvel échec. Une nouvelle version de la fusée, Vega-C, doit faire ses débuts en juin 2021. Sa particularité est qu’elle partage des éléments techniques avec Ariane 6.

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