C'est un nouvel échec et un coup dur pour l'Europe spatiale. La fusée Vega a été perdue pendant son ascension, alors qu'elle devait mettre en orbite deux satellites, dont Taranis, qui devait s'intéresser aux phénomènes orageux.

L’accès à l’espace est difficile, a-t-on coutume de dire. Même pour un lanceur qui a déjà accompli une petite vingtaine de décollages en l’espace de huit ans. La déconvenue que vient de vivre l’Europe spatiale dans la nuit du 16 au 17 novembre en est le cruel rappel. La mission VV17, qui devait transporter les satellites Seosat-Ingenio et Taranis, s’est soldée par un échec.

Les circonstances exactes de ce raté sont encore à préciser. Une enquête est en cours pour en identifier la ou les causes. Ce que l’on sait ce matin, c’est que huit minutes après le décollage du lanceur léger Vega depuis le centre spatial guyanais, une « dégradation de la trajectoire a été constatée », « immédiatement après le premier allumage du moteur du quatrième étage Avum ».

Une fusée Vega. // Source : ESA

Perte d’un satellite français dédié aux orages

C’est un coup dur pour Vega, d’autant plus grand que la fusée avait enchaîné les succès depuis sa mise en service, en 2012. Mais depuis 2019, sa carrière n’est plus impeccable : le 11 juillet 2019, un premier lanceur a été perdu après une défaillance du deuxième étage. Là encore, une trajectoire incorrecte a été observée pendant le vol. Début septembre, un autre vol s’était bien déroulé, puis est arrivé ce nouveau loupé.

« Cet échec de Vega nous rappelle une fois encore que nous faisons un métier très difficile, où la frontière entre le succès et l’échec est extrêmement ténue », commente Jean-Yves Le Gall, le président du Centre national d’études spatiales (CNES), qui souhaite que le lanceur puisse retourner en vol dès que possible, une fois que l’origine de la défaillance de la mission VV17 aura été repérée et corrigée.

Les deux satellites perdus devaient être opérés respectivement par l’agence spatiale espagnole INTA (Instituto Nacional de Técnica Aeroespacial) et le CNES.

Le premier, Seosat-Ingenio, devait servir à l’observation de la Terre dans la lumière visible, mais aussi l’infrarouge et l’ultraviolet, grâce à ses optiques et son spectromètre. Quant au second, Taranis, dont le nom fait référence à la divinité celte du ciel, de la foudre et du tonnerre, il devait observer les phénomènes électromagnétiques radiatifs et lumineux à haute altitude au-dessus des orages.

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