Les sels de table avec lesquels nous assaisonnons nos plats contiennent des microplastiques. Une étude menée par des chercheurs sud-coréens montre la teneur en plastique d'échantillons de sel originaires de plusieurs pays, dont la France.

Le plastique ne s’agglutine pas seulement dans les océans : il en reste aussi des traces dans l’assiette où vous êtes peut-être en train de manger en ce moment. Surtout si vous avez salé votre plat : plus de 90 % des marques de sel testées sous forme d’échantillons lors d’une étude ont révélé la présence de microplastiques.

Mis en ligne le 16 octobre 2018 dans la revue Environmental Science & Technology, ce travail a été mené par trois chercheurs en sciences marines de l’université nationale d’Incheon (Corée du Sud) et par un membre de Greenpeace East Asia. Ils ont observé que, parmi les échantillons analysés, tous les sels contenaient des matières plastiques, avec notamment une forte concentration dans ceux provenant du continent asiatique.

Des microplastiques ont été découverts dans des sels de table. // Source : Pixabay/CC0 Domaine public (photo recadrée)

D’où viennent les sels les plus pollués ?

Les chercheurs sud-coréens ont cherché à identifier la provenance des sels contenant des microplastiques (des particules de plastique de 5 mm ou moins). Au total, les chercheurs ont analysé 39 marques de sel, provenant de 16 pays et couvrant 6 continents différents.

Grâce à ce protocole, ils ont trouvé des microplastiques dans des sels provenant de la France, de l’Allemagne, des États-Unis ou encore du Brésil. Leur conclusion confirme que les plus hautes concentrations de plastique ont été enregistrées dans les sels provenant de pays asiatiques (l’Indonésie en tête).

Ainsi, ils postulent que « les sels de mer commerciaux peuvent servir d’indicateur de la pollution aux microplastiques dans l’environnement, à moins que ces microplastiques ne soient filtrés au cours du processus de production. »

La présence de microplastiques dans des sels de table en fonction de leur localisation. // Source : Environmental Science & Technology

Quelles sont les implications pour la santé humaine ? En partant du principe que nous consommons quotidiennement 10,06 grammes de sel, les chercheurs pensent que chaque consommateur ingurgite environ « 2 000 microplastiques par an » dans le monde.

À nouveau, ce nombre est plus élevé pour les consommateurs de sels asiatiques. Cependant, même en ôtant l’Indonésie de la liste, nous continuerions de consommer des centaines de microparticules chaque année.

Un adulte consomme environ 2 000 microplastiques par an en mangeant du sel

Leur étude n’est pas la première à s’intéresser à ce sujet : la présence de microplastiques dans des sels destinés à la vente a déjà fait l’objet d’une recherche en avril 2017. Un an plus tard, une autre étude a mis en évidence la présence de particules de polymère synthétique dans l’eau du robinet, la bière et 12 marques de sel différentes.

Comme le relève Quartz, les différents éléments au sein desquels la présence de microplastique a déjà été identifiée (il faut ajouter les mollusques et l’air) permettant d’estimer qu’une personne ingère en moyenne 32 000 microplastiques par ces biais chaque année. Et, contrairement à certaines enzymes, notre organisme n’est pas prévu pour les digérer.

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