L'équipage de l'ISS est intervenu pour colmater une brèche détectée sur la paroi d'un module russe. La dépressurisation est sous contrôle : si la fuite se poursuit encore, elle se fait à un rythme très lent, ce qui laisse quelques semaines aux astronautes pour la boucher complétement.

La nuit a dû être passablement animée pour les six membres actuellement à bord de la Station spatiale internationale. En effet, l’équipage a été alerté par les équipes au sol sur une dépressurisation lente de l’ISS, causée par une brèche infime située dans le segment russe, au niveau du module orbital Soyouz MS-09. La situation est sous contrôle et il n’a pas été nécessaire d’évacuer.

« La nuit dernière, le contrôle de mission de la Station spatiale internationale a remarqué une réduction de la pression. Comme la perte de pression était très faible et que les six astronautes de Russie, des États-Unis et de l’Allemagne ne sont pas en danger, ils ont pu dormir normalement », explique l’Agence spatiale européenne. À leur réveil, l’inspection a débuté, avec notamment un appareil à ultrasons.

La cause de cette fuite n’est pas encore déterminée avec précision. Alors que la piste de la micro-météorite a été avancée, une autre possibilité est apparue : selon l’astronaute allemand Alexander Gerst, le trou qui a été repéré ressemble à celui que pourrait faire une perceuse. La fuite de l’oxygène passe par cette ouverture, qui ne fait que 2 millimètres de diamètre.

Il est toutefois envisagé que ce qui ressemble à un coup de perceuse au mauvais endroit ne soit pas la seule cause du problème : il pourrait y avoir une autre origine à la fuite, à savoir une fissure externe. Une jonction entre les deux incidents aurait alors eu lieu à un moment. Des observations complémentaires doivent être menées, avec en particulier des photos en haute résolution des parois concernées.

Rouleaux de kapton
Rouleaux de kapton. // Source : Dsimic

Parant au plus urgent, Alexander Gerst a mis son doigt sur la brèche pour limiter la perte d’oxygène, sans toutefois parvenir à l’empêcher totalement. Ses collègues ont pendant ce temps cherché à bord de l’ISS l’équipement adéquat pour gérer ce type d’incident — qui est naturellement prévu dans les procédures de la Nasa et des autres agences spatiales partenaires.

La paroi interne a été traitée avec du kapton, qui est un film de polyimide (polymère à base d’imide) développé par DuPont dont les propriétés lui permettent de demeurer stable sur une plage de température très étendue (−269 °C à 400 °C). Mais si la dépressurisation a très largement diminué, il a été constaté qu’elle se poursuivait encore. Il faudra déterminer si c’est ce trou qui pose toujours problème ou s’il y en a un autre.

En l’état actuel des choses, l’équipage (qui compte, outre l’Allemand, trois membres de la Nasa avec Drew Feustel, Ricky Arnold et Serena Auñón-Chancellor, et deux cosmonautes de Roscosmos avec Oleg Artemiev et Sergueï Prokopyev) a dix-huit jours devant lui avant que la dépressurisation ne devienne problématique. Ce qui laisse assez de temps pour bien faire le tour de l’ISS et prendre les mesures adéquates.

Selon le calendrier actuel de l’ISS, il n’y a aucune liaison entre la Terre et la Station avant une dizaine de jours. La prochaine opération de ravitaillement de la Station doit avoir lieu le 10 septembre, sous l’égide de l’agence spatiale japonaise avec le lanceur H-2B et son cargo HTV. L’occasion de rajouter quelques rouleaux de kapton supplémentaires. Juste au cas où.

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