Nombreuses sont les personnes qui répètent leur alarme le matin. Cette pratique est liée à des problèmes récurrents de sommeil.

Le réveil sonne. Vous vous réveillez. Mais là, c’est le drame : vous appuyez sur le bouton « répéter » du smartphone, ou sur le bouton snooze du réveil, ou bien encore vous avez programmé plusieurs alarmes (6h, 6h15, 6h20…). Dès lors, malgré l’alarme initialement programmée pour 6h, vous ne vous levez finalement qu’à 6h30.

Pensez-vous être le seul ou la seule dans cette situation ? Ce n’est pas le cas et une étude publiée dans le journal Sleep en novembre 2022 le confirme. Dans cette publication, la pratique est même décrite comme une « méthode habituelle » pour se réveiller.

« Les réveils, les smartphones, ont tous un bouton ‘snooze’. Le corps médical s’oppose généralement à l’utilisation de la sieste, mais lorsque nous avons cherché à savoir quelles données concrètes existaient, nous n’en avons trouvé aucune », expliquent les auteurs pour justifier leur démarche. « Maintenant, nous disposons de données qui prouvent à quel point cette pratique est courante — et il y a encore tant de choses que nous ne savons pas. »

On connaît tellement ce geste. // Source : Pexels
On connaît tellement ce geste. // Source : Pexels

Plus il y a de fatigue, plus il y a d’alarmes

L’étude a suivi 450 personnes salariées à temps plein depuis plusieurs années. Elles devaient remplir des questionnaires et étaient équipées d’appareils de suivi pour mesurer la durée comme la qualité du sommeil. Une part importante des participants à cette étude ont finalement pratiqué le snoozing — 57 % exactement. Les chercheurs ont dressé leur profil et il se trouve qu’un certain nombre de caractéristiques augmentent la probabilité d’user de cette méthode. Parmi elles, les femmes et les personnes les plus jeunes étaient plus touchées. Mais ce qui ressort de manière encore plus significative est un vrai problème de sommeil.

Les participants à l’étude qui n’utilisent pas plusieurs alarmes, et se lèvent donc dès la première et seule sonnerie, sont ceux qui dorment le plus longtemps et consomment le moins de caféine. Inversement, celles et ceux qui ont sommeil court et agité mobilisent le snoozing.

Aux États-Unis (base de travail pour cette publication), une personne sur trois serait concernée par le problème chronique du manque de sommeil. « Si tant de gens font du snoozing, c’est parce que beaucoup sont chroniquement fatigués », détaille Stephen Mattingly, auteur principal de cette étude. « Comme 1 personne sur 3 ne dort pas correctement, cela signifie que beaucoup d’entre nous se tournent vers d’autres moyens pour gérer la fatigue. »

Pourquoi plusieurs alarmes ?

Mais pourquoi y a-t-il un lien entre le manque de sommeil et le snoozing ? « Lorsque nous pouvons dormir aussi longtemps que nous le voulons, le corps subit une réponse au stress juste avant le réveil. Cette réponse physiologique contribue à ce que l’individu se sente alerte au réveil. »

Or, en cas de mauvais sommeil ou de sommeil trop court, la première alarme n’intervient pas au bon moment de ce cycle naturel. De fait, l’usage d’alarmes multiples vient stimuler cette alerte au réveil qui n’est pas générée naturellement, lorsque le sommeil a été médiocre.

Les auteurs estiment que le snoozing n’est peut-être donc pas le problème principal, mais l’arbre qui cache la forêt. « (…) D’après la physiologie et les données dont nous disposons, se réveiller en entendant une alarme, ou en appuyant sur la touche ‘snooze’, ou se réveiller en entendant deux ou trois alarmes, ne fait pas une grande différence. Si vous avez besoin d’une alarme parce que vous manquez de sommeil, le problème est là. »