Les tests en prévision du premier vol d’Ariane 6 se poursuivent. En octobre, c’est un essai « à feu » de l’étage supérieur de la fusée qui a été bouclé, avec succès. D’autres suivront.

C’est une excellente nouvelle pour Ariane 6. Dans la journée du 5 octobre 2022, un test a été conduit avec succès à Lampoldshausen, en Allemagne. Objectif ? Mettre à l’épreuve l’étage supérieur du futur lanceur européen, dont le vol inaugural est fixé à 2023. C’est un essai « à feu » qui a été mené, avec le déclenchement de son système propulsif. C’était une première pour cet étage.

Durant cette étape, le banc d’essai utilisé a appliqué à l’étage supérieur — qui se nomme Vinci — des conditions de fonctionnement représentatives d’un vol depuis le spatioport européen en Guyane française. Deux paramètres n’ont toutefois pas pu être reproduits : le vide spatial et la microgravité. D’autres essais à feu sont prévus sur Vinci. Trois, selon ArianeGroup.

Un moteur capable de s’éteindre et de se rallumer dans l’espace

Les essais servent également à vérifier le groupe auxiliaire de puissance (APU), qui fonctionne en tandem avec le moteur Vinci. Celui-ci « joue un rôle essentiel dans les performances de l’étage supérieur d’Ariane 6 », note l’Agence spatiale européenne, en offrant au lanceur une capacité de redémarrage. Cette possibilité de rallumage peut être effectuée plusieurs fois.

Avant, les moteurs avaient besoin de grandes quantités d’hélium en réservoir, pour générer la pression et la température nécessaires dans les réservoirs de propergol et pour garantir l’absence de bulles dans les conduites de carburant, dit l’ESA. Avec l’APU, cela se fait en puisant seulement dans de petites quantités d’hydrogène et d’oxygène cryogéniques déjà présents dans les réservoirs principaux.

Ariane 6, vue d'artiste. // Source : ESA - D. Ducros
Ariane 6, vue d’artiste. // Source : ESA – D. Ducros

Le fonctionnement de l’APU et de Vinci a été pensé pour octroyer à Ariane 6 une meilleure endurance dans l’espace. Alimenté en hydrogène et oxygène liquides, le système propulsif est en mesure à la fois de placer des satellites sur différentes orbites, mais aussi de désorbiter l’étage supérieur lui-même, pour éviter de laisser une épave en orbite. Tout ça grâce à Vinci.

Et ensuite ? Une fois qu’il aura été jugé apte au vol, une autre phase s’enclenchera, aux Pays-Bas cette fois. Il s’agira alors de vérifier le comportement du segment dans des tests de séparation avec le premier étage. À cela s’ajouteront des vérifications acoustiques, tandis que se poursuivent en parallèle des tests combinés entre le lanceur et le pas de tir, en Guyane.