Blair Witch, le jeu vidéo, vient fêter les 20 ans de Le Projet Blair Witch, le film. Vite joué, vite oublié.

En 1999 sortait Le Projet Blair Witch, ni plus ni moins que l’un des films parmi les plus rentables de tous les temps (60 000 dollars de budget pour… près de 250 millions de dollars de recettes). Vingt ans plus tard, le jeu vidéo Blair Witch, disponible depuis le 30 août 2019 sur PC et Xbox One (y compris via le Game Pass), entend surfer sur le nom pour (re)donner quelques sueurs aux joueurs. On peut difficilement faire meilleur anniversaire.

Blair Witch a été officialisé à l’occasion de la dernière conférence E3 de Microsoft. Les premières images faisaient croire à un Outlast III. On retrouve ainsi le même type d’expérience : l’adaptation prend la forme d’un jeu d’aventure en vue à la première personne avec des moyens de défense très limités. Mais il vaut mieux éviter d’y jouer seul le soir, dans le noir et avec un casque sur les oreilles.

Blair Witch // Source : Bloober Team

Promenons-nous dans les bois

Considéré — à tort — comme le père des films à l’esthétique found footage (on dirait des documentaires), Le Projet Blair Witch met volontiers son univers au service de Blair Witch. Situé deux ans après les événements du long métrage, le jeu vidéo nous met dans la peau d’un ex-flic décidé à retrouver un enfant disparu dans la forêt de Burkittsville — théâtre de phénomènes étranges. S’en suit un scénario assez convenu où le héros très déterminé (au grand dam de son entourage) va peu à peu affronter ses propres démons en plus de ceux qui hantent les lieux. Un classique du genre.

La mise en route est longue

Cousue de fil blanc, l’intrigue reste un prétexte pour plonger le joueur averti dans une ambiance lugubre à souhait. Sur ce point, Blair Witch réussit parfaitement son office. Le studio polonais Bloober Team, à qui l’on doit le flippant Layers of Fear, récite sa leçon sur le bout des doigts. Il mise surtout sur le sound design — son binaural avec un casque — et les effets de lumière pour mettre mal à l’aise. En plus de cet habillage, il n’hésite pas à employer les artifices bien connus des fans d’horreur (jumpscare, hallucinations, réalité transfigurée…). Il n’empêche, malgré la tension et le sentiment d’oppression qui s’invitent, de temps à autre, on a l’impression de naviguer en terrains connus. D’autant que la mise en route est longue et que les moments calmes s’avèrent finalement très nombreux.

Blair Witch ne brille pas particulièrement non plus par ses graphismes, avec des décors qui ne sont pas tous logés à la même enseigne et un framerate manquant un peu de consistance. À titre de comparaison, Outlast II se montre beaucoup plus impressionnant sur sa capacité à multiplier les atmosphères délétères. Ici, il faut aimer les arbres et la végétation.

Blair Witch // Source : Bloober Team

Quelle dernière demi-heure !

Comme déjà dit, Blair Witch aime prendre son temps et distille ses quelques mécaniques de gameplay au fur et à mesure que l’enfer ouvre ses portes. Dans le lot, il y en a des plus intéressantes que d’autres. Par exemple, on aime beaucoup l’utilisation de la caméra. Outre la référence évidente au film, elle permet de récupérer des cassettes à visionner pour trouver des indices et/ou modifier ce qui nous entoure (exemple : ouvrir une porte fermée). C’est astucieux et plutôt bien pensé. On apprécie un peu moins, en revanche, l’utilisation du chien — dont l’intelligence laisse à désirer. Fidèle compagnon du héros (qui peut perdre la tête sans lui), il sert à lancer des pistes ou à aller chercher des objets clés inaccessibles. Basique.

Blair Witch reste une expérience ramassée

Dans les grandes lignes, Blair Witch est davantage un jeu d’enquête qu’un jeu de survie. Il y a quelques puzzles simplistes à résoudre et les phases d’actions se résument à éclairer des apparitions agressives en suivant les aboiements du toutou (pour la difficulté, on repassera). Le personnage principal dispose par ailleurs de plusieurs moyens de communication — talkie-walkie, téléphone portable (avec mini-jeux intégrés) — pour se sentir un peu moins seul. Sans oublier l’indispensable lampe de poche, dont l’autonomie semble illimitée (dommage…). Bloober Team s’amuse de tout cet équipement pour cacher quelques détails bien sentis.

Il arrive que l’on s’ennuie ferme, tout de même, dans ce Blair Witch — un point encore plus vrai quand les environnements invitent à l’exploration (trop souvent, il ne se passe rien). Qu’à cela ne tienne, la dernière heure de jeu vaut vraiment la peine d’être vécue. Là, les développeurs donnent tout ce qu’ils peuvent pour livrer un véritable labyrinthe fantasmagorique à la limite du compréhensible, mais à l’impact diablement efficace. Cette conclusion marquante arrive au bout de 4-5 heures de jeu. Oui, Blair Witch est une expérience ramassée, dans laquelle rien n’est vraiment poussé dans ses retranchements. Sauf les peureux, peut-être.

En bref

Blair Witch

Note indicative : 3/5

Comparé, à juste titre, aux Outlast, Blair Witch souffre de son scénario convenu et de ses rares idées de gameplay noyées dans un ennui persistant. Il y a la dernière heure, mémorable d'effroi, mais encore faut-il tenir jusque-là (le début est vraiment une plaie). 

En somme, Blair Witch se destine à celles et ceux qui cherchent avant tout à se plonger dans une ambiance lugubre moins permise par des graphismes réussis que par un sound design de qualité. Astuce : cet équivalent d'un manoir hanté est disponible via le Xbox Game Pass. 

Top

  • Ambiance sonore réussie
  • La dernière heure
  • Dispo dans le Game Pass

Bof

  • Graphiquement passable
  • Le début très, très poussif
  • Scénario convenu (comme le film)

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