Avec sa gamme Hidden Side, Lego ajoute la réalité augmentée à ses constructions. C'est plutôt bien vu.

Ces dernières années, Lego a bâti son succès en ouvrant ses propres magasins — il y en a de plus en plus en France — et en misant sur des licences phares pour attirer les petits et un peu les grands (Star Wars, DC Comics, Harry Potter, Marvel…). À une époque où les jeunes délaissent les jouets traditionnels pour enchaîner les parties de Fortnite sur un smartphone, la firme danoise continue de proposer des produits qui consistent à associer des briques. Avec sa gamme Hidden Side, qui s’éloigne des derniers succès de Lego, la multinationale veut apporter une surcouche technologique à son savoir-faire qui fait toujours mouche en 2019.

Les différents sets Hidden Side se présentent comme des boîtes normales. On commence par construire un véhicule ou un bâtiment comme si de rien n’était. Puis, on télécharge une application qui transforme la construction en un jeu vidéo grâce à la magie de la réalité augmentée. On a pu tester cette nouvelle marque 100 % imaginée par Lego et on peut affirmer que le mariage, au demeurant très évident, fonctionne très bien.

Lego Hidden Side // Source : Numerama

Comme un Lego normal

Les constructions Hidden Side sont… des constructions Lego comme les autres. À tel point que certains les achèteront sans songer une seule fois à la réalité augmentée (les collectionneurs par exemple). La thématique — la chasse aux fantômes — fait référence aux films S.O.S. Fantômes, que l’on ne présente plus. La gamme comprend un laboratoire, un bateau, un cimetière, un camion, un restaurant, un bus, un train et une école. Soit de quoi occuper les enfants pendant des jours entiers sans avoir besoin de télécharger l’application, qui fait alors office de cerise sur le gâteau pour les plus curieux.

Les sachets de construction du bus Hidden Side // Source : Numerama

La construction en elle-même est une forme de plaisir en soi. Si vous n’avez pas assemblé de Lego depuis des années, il faut savoir que les étapes sont beaucoup plus lisibles et simples qu’autrefois (le travail est un peu prémâché). Chacune des boîtes rassemble des sachets numérotés qui correspondent à une partie du set (on s’y réfère dans le manuel pour ne pas mélanger les pièces). En prime, d’année en année, Lego invente toujours plus de nouveaux éléments pour que les constructions soient mieux finies et riches en mécanismes qui permettent à tout un chacun de s’amuser (exemple : des lance-projectiles).

Numerama

Le bus scolaire fourni par Lego (689 pièces pour 59,99 euros) est très réussi, aussi bien en termes de look (on dirait le Bus Magique du célèbre dessin animé) que de solidité (il est lourd et imposant). Les étapes de construction ne poseront pas problème aux habitués et on n’a pas constaté de tâches insurmontables pour les enfants, hormis les autocollants à apposer çà et là (ce n’est pas le premier bus conçu par Lego). Le véhicule ne manque pas de jouabilité : les portes latérales cachent des armes, la partie arrière se retire pour accéder à l’intérieur et on peut facilement loger des personnages (il y en a cinq fournis, plus un chien fantôme tout mignon).

Une application intéressante de la RA

Comment fonctionne la réalité virtuelle avec des Lego ? C’est simple. On télécharge l’application idoine sur son smartphone puissant (un iPhone 7 au minimum pour iOS) et on se lance dans l’aventure. C’est intuitif : on scanne sa construction (le bus dans le cas présent) et on profite d’interactions entre l’objet physique et le monde virtuel qui apparaît à l’écran. Les ingénieurs utilisent les couleurs pour faire varier le gameplay. Par exemple, le bus est équipé d’un radar qui peut tourner sur lui-même et révéler différentes couleurs. Vous avez compris l’idée : on fait pivoter cet élément pour déclencher des mécanismes dans le jeu vidéo. Cela permet de garder l’objet physique au centre de l’expérience et ne pas en faire un simple portail vers le virtuel qui deviendrait inutile une fois l’application en marche.

Autrement, le gameplay consiste à chasser des fantômes en baladant son téléphone tout autour de la table où est posé le véhicule ou le bâtiment. La technologie fonctionne très bien, si on respecte les quelques critères rappelés par Lego (surface plane et sans motif, être debout plutôt qu’assis). Une fois qu’un ectoplasme est repéré, on le capture en tirant sur lui et ses projectiles qui font baisser notre batterie jusqu’au game over (il suffit de tapoter l’écran, mais pas trop vite). Plus on enchaîne les parties, plus on progresse. Sur ce point, Lego ne s’est pas embarrassé : on fait évoluer son équipement (plus de puissance, surchauffe de l’arme plus courte…), on fait grimper son nombre d’abonnés et les fantômes que l’on capture gagnent des niveaux (un autre mini-jeu permet d’envoyer son armée hanter des décors). Bon point : il n’y a pas besoin de bouger beaucoup pour que la magie opère, ce qui réduit la zone de jeu.

Application Lego Hidden Side // Source : Numerama

Hidden Side dispose d’une belle marge de progression pour qui souhaiterait s’y plonger à 100 % (les boss nécessitent d’avoir un équipement évolué). Le défi ne paraîtra pas insurmontable pour les plus grands, mais le public visé aura de quoi s’amuser pendant quelques heures. Bien évidemment, il faut acquérir toutes les boîtes pour avoir accès à l’ensemble des niveaux, représentant un investissement de plusieurs centaines d’euros.

Sans être une vitrine de la réalité augmentée, la gamme Hidden Side de Lego se présente comme une application intéressante de la technologie, doublée d’un mariage astucieux entre des constructions physiques et des interactions virtuelles (comme ce fut le cas sur l’excellent, mais vite abandonné, jeu vidéo Lego Dimensions). C’est simple et efficace, à l’image d’un assemblage de briques. Et on gardera à l’esprit que la réalité augmentée est ici un bonus : le cœur de métier de Lego reste et restera la construction — encore une qualité.

Application Lego Hidden Side // Source : Numerama

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