Découvrez chaque semaine un jeu de société que nous avons sélectionné pour vous (avec amour et passion). Cette semaine, c'est Bad Bones qui est à l'honneur.

Tout allait pour le mieux dans votre royaume, en harmonie avec vos voisins. Ce temps est malheureusement révolu, depuis que des squelettes émergent des cimetières. Forcément, ça fait désordre. Mais plutôt que de repousser sans cesse cette vague ininterrompue de morts, pourquoi ne pas « aider » à l’effondrement d’un autre royaume, où ils pourraient alors s’installer et vous laisser en paix ? Bienvenue dans le monde de Bad Bones !

Chaque joueur pose devant lui son royaume, un plateau quadrillé de 5×5 cases. Au milieu, une belle tour, et un héros à son sommet. À gauche, à droite et en haut, la forêt de laquelle vient la menace, et en bas cinq maisons représentant le village à protéger.

Bad Bones
Un début de partie // Source : Sit Down

Un tour de jeu se décompose en quatre phases, et tout le monde joue en même temps.

On commence par déplacer son héros d’une case, dans n’importe quelle direction. S’il rencontre des squelettes, il les renvoie au fond de leur trou.

Chacun décide ensuite s’il veut placer un piège dans son royaume, ou éventuellement en remettre un dans sa réserve. Les joueurs ont à leur disposition six pièges pour toute la partie. La catapulte permet d’éjecter des squelettes chez un autre joueur. Le dragon les effraie et leur fait changer de direction. Tout le contraire du trésor qui les attire vers lui. Enfin, le mur les empêche de continuer leur déambulation et les oblige à bifurquer à droite ou à gauche.

Vient ensuite le déplacement des morts : chaque jeton avance d’une case droit devant lui. S’il rencontre la tour, il en détruit un étage. Si sort du plateau vers le bas, il détruit une maison. Si c’est vers la droite ou la gauche, c’est votre voisin correspondant qui aura le plaisir de le récupérer. Enfin, s’il quitte la zone vers le haut, c’est vous qui décidez chez qui l’envoyer.

Bad Bones
Une tour en mauvaise posture // Source : Sit Down

Les pièges se déclenchent dès que des squelettes pénètrent dans sa case. Mais attention, à la première utilisation, le piège est abimé et on retourne sa tuile. Au second déclenchement, il est détruit et définitivement perdu. D’où l’intérêt de remettre un piège en réserve : non seulement on pourra le replacer sur une case différente, mais surtout il se répare par ce biais.

Le tour se termine par l’arrivée de nouveaux squelettes : chaque joueur en pioche trois au hasard dans un gros sac, et les place autour de son plateau par un astucieux système d’icônes colorées. Sans oublier les éventuels jetons venant de ses voisins. Le placement étant aléatoire, on peut se retrouver avec des troupes éparpillées ou avec un gros tas arrivant d’un seul et même endroit.

La partie s’arrête dès qu’un joueur perd son dernier étage de tour ou sa dernière maison. Chacun marque alors des points de victoire selon les bâtiments restant dans son royaume, et le plus gros score l’emporte.

Pourquoi c’est bien

La description ci-dessus ne reflète que les règles de base, mais Bad Bones est beaucoup plus riche. Possibilité de jouer en solitaire, règles avancées dans laquelle il faut acheter ses pièges au marché, nouveaux types de pièges (ressorts, bombes, etc), armes pour votre héros, mode coopératif, et chefs squelettes aux pouvoirs divers. Bref, Bad Bones est vraiment complet et permet de varier les plaisirs et d’adapter la complexité des règles en fonction des joueurs autour de la table.

Bad Bones
Source : Sit Down

L’aspect tower defense est parfaitement retranscrit, comme dans un jeu vidéo. Presque trop même, car on se fait très rapidement submerger, dès les premiers tours. C’est d’ailleurs un peu frustrant par rapport aux versions électroniques dans lesquelles on dispose généralement de quelques niveaux pour s’installer tranquillement, préparer sa base, etc. Là non, on rentre très vite dans le vif du sujet. Mais ça a le mérite de limiter la durée des parties à une trentaine de minutes, très denses, pendant lesquelles on n’a pas le temps de s’ennuyer. Si vous cherchez l’aspect construction de la défense de votre village, jetez un œil à Age of Towers qui pourra peut-être vous satisfaire. Nous n’avons malheureusement pas eu l’occasion de l’essayer pour vous donner un avis.

En tout état de cause, les règles simples (mais évolutives) et les parties courtes de Bad Bones lui permettent de couvrir un large public et de rester amusant, sans prise de tête.

Un tower defense, comme un jeu vidéo

Attention tout de même, car il est parfaitement possible que tout le monde s’acharne sur un joueur, en lui renvoyant tous les squelettes. Ça couine fort dans une partie de Bad Bones, et des personnes un peu susceptibles, ou des joueurs un peu jeunes, pourraient se vexer. Mais ça fait partie du jeu, ça reste bon enfant. Au final, il s’agit rarement d’une bonne stratégie, sauf si vous êtes devant au score, auquel cas les autres n’ont aucune raison de vous suivre.

Bad Bones
Des armes pour le héros // Source : Sit Down

Le matériel est de toute beauté, avec de jolies illustrations, une belle et grande boite bien remplie, des tuiles épaisses, des petites figurines pour les héros et les tours, etc. On aurait peut-être aimé un vrai rangement dans la boite, pour bien séparer le matériel abondant. Mais c’est vraiment pour chipoter.

Bad Bones est une franche réussite. Le côté tower defense est vraiment bien retranscrit, même si on regrette l’absence de la phase de montée en puissance propre à ce type de jeu. Mais nul doute que le succès sera au rendez-vous et que des extensions vont venir compléter la boite de base, et éventuellement corriger ce manque somme toute minime. Bref, un vrai bon et beau jeu comme on les aime !

  • Bad Bones est un jeu de David Flies
  • Illustré par Aoulad, Alexander Brick et Oliver Mootoo
  • Édité par Sit Down
  • Pour 1 à 6 joueurs à partir de 8 ans
  • Pour des parties d’environ 30 minutes
  • Au prix de 43,90 € chez Philibert

Les liens de cet article sont affiliés : si vous trouvez votre bonheur grâce à nous, nous touchons une petite commission. On vous explique tout ici.

Partager sur les réseaux sociaux