Le premier épisode de Life is Strange 2 ne surprendra personne. Mais au moins, il donne envie de suivre les aventures des frères Diaz.

En 2013, Dontnod Entertainment mettait tout le monde d’accord avec Life is Strange, jeu épisodique, inspiré des succès de feu Telltale Games, qui s’apparentait à un véritable teen movie aux thématiques universelles. Porté par une communauté passionnée, le studio parisien, par ailleurs appuyé par Square Enix, a laissé à Deck Nine le soin de développer un spin-off intitulé Before the Storm pour s’atteler à la seconde saison. Le premier épisode, intitulé Roads, est disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC.

N’y allons pas par quatre chemin : Life is Strange 2 s’offre une introduction solide, à défaut d’être surprenante, tant sur le fond que dans la forme. Le segment initial, dont on préfère ne pas trop dévoiler l’intrigue pour ne rien gâcher, installe des bases qui ne demandent qu’à être charpentées dans les mois à venir. C’était déjà le cas pour Life is Strange premier du nom.

Life is Strange 2 // Source : Square Enix

Life is Strange 2 est beaucoup plus beau

On commencera par évoquer la principale évolution par rapport à son prédécesseur : en passant à la dernière génération du moteur graphique Unreal Engine, Life is Strange 2 s’offre une nouvelle jeunesse. Il est beaucoup plus beau et souffre de moins de défauts visuels.

On retrouve en revanche la patte graphique de Dontnod Entertainment qu’on aime : un rendu peint à la main qui rappelle des aquarelles. Et comme les évènements se déroulent en automne, les couleurs chaudes habillent l’écran, réchauffent les cœurs et donnent du charme au road movie des frères Diaz.

L’habillage est renforcée par une bande-son un peu moins marquante que les musiques mélancoliques de Life is Strange premier du nom. Ici, les morceaux sont plus dynamiques, plus feel-good movie. 

Nécessairement moins posé dans son unité de lieu

Dans Life is Strange 2, on ne suit plus les tribulations de Chloe et Max mais de Sean et Daniel. Alors que les deux héroïnes avaient tout à (re)construire d’un point de vue relationnel, les deux petits nouveaux sont liés par le sang. Un point qui change tout et qui constitue l’essence de cette fuite vers l’avant sans véritable moteur. Elle est déclenchée par une tragédie qui a poussé le duo à quitter précipitamment les États-Unis en direction du Mexique. Nécessairement moins posé dans son unité de lieu, Life is Strange 2 a hélas tendance à noyer ses jolis moments dans des ellipses et des pirouettes narratives convenues.

Life is Strange 2 // Source : Square Enix

Le devoir fraternel

Si Chloe et Max se nourrissaient l’une de l’autre, c’est bien davantage Daniel, le cadet, qui s’imprégnera de Sean, l’aîné. Devenu une figure paternelle malgré lui, le personnage que l’on incarne aurait préféré vivre sa vie d’adulescent, entre sexe, drogue et alcool. Sur ce point, Dontnod brosse un portrait loin d’être policé d’une jeunesse libre qui a envie de croquer la vie à pleine dent. On surveillera avec attention à quel point Sean sera un exemple ou non pour Daniel, lequel ne manque jamais de reproduire les actions de son frère. Un élément à creuser dans ce grand saut vers l’inconnu.

Mêmes bagages, aventure inédite

Du côté du gameplay, Life is Strange 2 s’inscrit dans la veine de l’opus d’avant. Dans cet univers réaliste teinté d’une sur-couche fantastique, il faudra faire certains choix — mieux amenés visuellement. À défaut de profondément changer l’histoire, qui suit un fil rouge qu’importe les décisions prises, ils renforcent un peu plus l’implication du joueur. En d’autres termes, il y a une fausse impression de contrôle. La même qui a rameuté une légion de fans qui n’attendaient plus qu’un nouveau départ au sein d’un univers maîtrisé, bien enrobé. Mêmes bagages, aventure inédite.

Faute de matière suffisante, la rédaction de Numerama a décidé de ne pas encore mettre de note à Life is Strange 2. Mais nous ne manquerons pas d’apposer un verdict une fois que cette deuxième saison sera terminée. 

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