Au CES, une startup ne fait ni de l'IA, ni de la blockchain, ni même de la voiture autonome. Psychasec a une autre ambition : l'immortalité.

Au milieu des bidules connectés et autres smart machins qui peuplent les allées du CES, une petite startup a réservé un stand blanc immaculé. Psychasec. Ses représentants sont en costume, blanc aussi. Rien sur les murs, juste un long couloir pour présenter une innovation qui fait passer tout le reste du salon pour des jouets : l’immortalité.

Oui, l’immortalité. Dans le couloir, plusieurs intervenants nous exposent, jargon des startups maîtrisé à la perfection, leur plan. Tout d’abord, la première phase consiste à sauvegarder votre mémoire. « Imaginez un disque dur qui engloberait votre conscience  », raconte, assurée, notre hôtesse, avant de nous renvoyer vers ses collègues. Là, on nous explique la suite : Psychasec va vous proposer de vous renvoyer dans votre enveloppe corporelle quand elle va mourir. Deux enveloppes sont exposées derrière nous, dans des tubes, formes humaines sans vie et sans âme, prêtes à être investies.

Enveloppe

Notre hôte nous affirme qu’il est également possible de changer notre enveloppe à la demande : plus grand, plus petit, d’une autre couleur de peau voire de prendre l’image d’une star. « Imaginez ces enveloppes comme des voitures de luxe dans lesquelles vous entreriez  ». La dernière étape nous montre, plus vraie que nature, une enveloppe prête à être livrée, dans son sac hermétique. On peut la toucher. Certains visiteurs se cachent à la vue de ce corps inanimé. La visite du stand et des technologies présentées est terminée. À la sortie, des panneaux Boycott Psychasec jonchent le mur du stand.

Au centre, un « Altered Carbon. Disponible sur Netflix le 2 février.  ». La farce, magistralement orchestrée est terminée.

Vous l’aurez compris, le stand Psychasec est une opération de communication de Netflix pour sa série de science-fiction Altered Carbon. Pour les visiteurs qui ne sont pas au courant de son existence, la surprise est réelle. Certains se posent des questions à haute voix, d’autres demandent aux représentants de la marque ce qu’il en est ; tous veulent savoir. On leur lance des « Nous ne pouvons pas répondre à ces questions  », froids, mais réalistes sur un salon où le secret des prochains produits est bien gardé.

La dernière salle avec le corps inanimé fait office de repoussoir vers la sortie : plusieurs personnes sont authentiquement effrayées. D’autres s’approchent, touchent la silhouette et peuvent réaliser à quel point l’imitation de Netflix est réaliste.

Bref, au CES, tout le monde parle de l’expérience factice du géant du divertissement. Bien joué.

 

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