On lit à droite et à gauche que la PlayStation 5 manque cruellement d’exclusivités en comparaison des consoles précédentes. Un constat légitime, mais ce ne sera jamais la faute d’Insomniac Games. Le studio fait partie des plus assidus : quatre jeux en l’espace de six ans (cinq en ajoutant la remasterisation de Marvel’s Spider-Man). Et encore, une fuite massive a ralenti son rythme de développement, et a sans doute eu des répercussions bien plus graves sur la production en tant que telle.
Après Marvel’s Spider-Man: Miles Morales, Ratchet & Clank: Rift Apart et Marvel’s Spider-Man 2, Insomniac Games nous propose d’incarner un autre super-héros Marvel : le charismatique Wolverine. Il s’agit d’un personnage très apprécié, et dont la popularité ne date pas d’hier. Un vieux sondage, datant des années 1990 et déniché par Reddit, le plaçait même en tête, devant Spider-Man, bien avant que Hugh Jackman ne lui fasse honneur dans des films. En termes d’apparitions dans les comics, il figure dans le top 5, et aucun mutant ne fait mieux que lui. Insomniac Games et Sony n’ont donc pas choisi n’importe qui pour garnir le catalogue de la PS5. Seulement voilà, la cote d’un héros ne fait pas un jeu.
Points forts
- Un côté vitrine indéniable
- Oui, ça défoule
- Au moins, ça change de Spider-Man
Points faibles
- Gameplay basique, répétitif et sans challenge
- Des défauts de finition étranges
- Trop de scripts tuent le script
Marvel’s Wolverine est amusant cinq minutes
Sortie
Marvel’s Wolverine est disponible à compter du 15 septembre 2026, sur PS5 (et PS5 Pro). Bonne nouvelle : la version disque est complète.
Cinq minutes. C’est le temps qu’il m’a fallu pour comprendre que le gameplay de Marvel’s Wolverine tournerait vite en rond. Alors oui, l’opportunité d’incarner un personnage comme Wolverine est attractive. On parle d’un mutant agressif et furieux, capable de déchaîner une violence hors du commun. À l’écran, le déchaînement est palpable, matérialisé par des gerbes de sang à profusion et des démembrements en veux-tu en voilà. Sur le plan de la rage de vaincre, Insomniac Games réussit son pari. D’autant que plus Wolverine frappe et fait pleuvoir les enchaînements, plus il devient puissant.
L’antithèse de la notion de défi
Malheureusement, Wolverine est aussi un héros quasi-invulnérable. Ce pouvoir rend les combats terriblement vains, étant donné que l’enjeu de survivre n’existe quasiment plus. On ne regarde quasi jamais la barre de vie et, même quand elle est vidée, Logan peut parfois revenir à la vie. Tout est pensé pour rendre Wolverine inarrêtable. Tout au long de l’aventure d’une dizaine d’heures, les développeurs ne prennent aucun risque pour bousculer la formule, qui évolue très peu en termes de nouveaux mouvements ou d’ennemis rencontrés. On est dans l’antithèse de la notion de défi.
Par conséquent, l’extase de mettre en charpie tout ce qui passe sous les griffes de Wolverine laisse trop vite sa place à une routine abrutissante. Le gameplay, nécessairement bourrin pour correspondre au profil du mutant, est trop basique pour tenir sur la longueur. Et on vous passera les séquences à moto lunaires, tant elles sont scriptées et ridicules. Si on met de côté la mise en scène, logiquement plus spectaculaire, elles ne font guère mieux que celles de Final Fantasy VII — paru dans les années 90, pour rappel. À bien des moments, on se demande pourquoi on joue, et si l’on joue vraiment au regard des QTE très permissives ou des courses en quasi pilote automatique — où la moindre tentative de déviation ramène illico sur le droit chemin. Sony les a d’ailleurs mises en avant dans sa promotion, et on se demande encore pourquoi.

D’aucuns diraient que Wolverine étant une production estampillée grand public, on pourrait lui pardonner plus facilement sa vacuité, tout comme on fermerait les yeux sur le scénario bateau d’un blockbuster, sous couvert d’un habillage valorisant. Allez donc expliquer au grand public qu’il passe des balades enivrantes entre les buildings de New York des jeux Spider-Man à des couloirs entrecoupés d’arènes sans queue ni tête. La régression est totale, surtout pour une exclusivité censée tirer le catalogue d’une console vers le haut.
Marvel’s Wolverine est un jeu PS3 avec des graphismes de PS5
Ne comptez pas sur la narration pour sauver Marvel’s Wolverine de la noyade. On est face à une énième histoire de mutants parias, visés par des humains qui sont effrayés par l’idée même d’une cohabitation. Au milieu de tout ça, Wolverine cherche sa place et résout ses problèmes et ses tracas en cassant tout. Pour ne rien arranger, on devine le twist dès l’introduction, preuve de la paresse de l’écriture et d’un manque d’inspiration masqué par du fan service. À la décharge des scénaristes d’Insomniac Games, Wolverine est moins intéressant que Spider-Man. Surtout dans un monde où certains autres mutants stars n’existent pas (Professeur Xavier, Cyclope, Magnéto…).
Au-delà de ses problèmes structurels, Marvel’s Wolverine pèche aussi dans sa réalisation, ce qui est très étonnant pour un jeu de cet acabit, pensé comme une vitrine pour la PS5. Oui, le jeu est beau, avec une modélisation impressionnante et des effets visuels qui flattent la rétine. Oui, le jeu associe des reflets aguicheurs et une fluidité sans faille. Oui, le moteur physique sait être généreux en matière de destruction et de propension à transformer les ennemis en charpies. Un constat qui vaut également pour Wolverine, qui encaisse les coups, mais dont les vêtements et la peau accusent le coup, jusqu’à révéler son squelette en adamentium. La violence graphique est très, très poussée, jusque dans le moindre détail.

Marvel’s Wolverine exploite la puissance de la PS5, mais il y a des finitions à revoir. Les PNJ, qui errent sans but dans les décors, font peine à voir, et tranchent avec le niveau qualité du reste. On a assisté à des bugs étranges de collision, voire à des approximations dans les impacts. Et que dire de ces bugs de script, qui nous empêchent de revenir en arrière ou bloquent carrément la progression. Marvel’s Wolverine est un jeu sur des rails, et le moindre grain de sable peut le faire dérailler. On pense à Jean Grey bloquée dans un cadavre, alors qu’elle est censée nous aider à ouvrir une porte. En théorie, un jeu comme Marvel’s Wolverine est censé être irréprochable.
On n’est pas fan non plus du character design de Marvel’s Wolverine, un défaut qui touchait déjà les jeux Marvel’s Spider-Man (on se souvient que le visage de Peter Parker a été changé). Certains choix artistiques sont vraiment douteux, comme le look de Lady Deathstrike ou celui de Dents-de-Sabre. De même, on a connu des environnements bien plus à la fête, quand bien même l’unité de lieu varie en fonction des péripéties.

Attention, contrairement aux jeux Marvel’s Spider-Man, Marvel’s Wolverine est une aventure dirigiste, découpée en chapitres et gavée de niveaux cloisonnés, avec un rythme mal maîtrisé (trop de temps morts). Les quelques objectifs annexes prennent la forme de boîtes à retrouver pour acheter des tenues (souvent hideuses), de bouteilles de whisky à ramasser ou encore de portes étranges conduisant vers des défis chronométrés. On est dans le remplissage le plus générique possible, et Wolverine utilise son flair et son ouïe pour dénicher les quelques secrets. Même là, il n’y a aucun challenge.
Le verdict

Marvel’s Wolverine
Voir la ficheOn a aimé
- Un côté vitrine indéniable
- Oui, ça défoule
- Au moins, ça change de Spider-Man
On a moins aimé
- Gameplay basique, répétitif et sans challenge
- Des défauts de finition étranges
- Trop de scripts tuent le script
+ rapide, + pratique, + exclusif
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.
Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Anticipez le futur en vous inscrivant gratuitement à ToujoursPlus, la newsletter tech de référence.



