À l’approche de la sortie en salles de son reboot horrifique Resident Evil, Zach Cregger (Barbarian) tente de désamorcer une bombe à retardement. En choisissant de raconter une histoire originale plutôt que d’adapter directement la trame des jeux, le metteur en scène s’est heurté à un mur de scepticisme de la part des puristes, frustrés de ne pas voir leurs héros fétiches sur grand écran.
Le reboot arrive dans les salles françaises le 16 septembre 2026, soit deux jours avant sa sortie américaine du 18 septembre. La distribution est assurée par Sony Pictures.
L’aveu de naïveté d’un réalisateur face aux exigences des fans de Resident Evil
Face à la réaction hostile d’une partie du public, Zach Cregger reconnaît avoir sous-estimé l’attachement des joueurs à des personnages comme Leon S. Kennedy, Jill Valentine ou Ada Wong.
« Je pense que j’ai été naïf », a-t-il avoué sans langue de bois au micro d’IGN ce 8 septembre. « Je croyais que les fans de ces jeux, comme moi, seraient ravis de voir quelqu’un débarquer pour transformer enfin Resident Evil en un vrai film d’horreur et de survie. Je ne mesurais pas vraiment ce sentiment général du style : ‘Ça fait une éternité qu’on attend l’histoire de Leon.’ Je le comprends aujourd’hui, et je suis désolé : ce n’est pas cette histoire-là que j’apporte ici. »
Le cinéaste admet comprendre parfaitement la déception ambiante, comparant lui-même sa réticence envers les précédentes adaptations cinématographiques à la méfiance que suscite son propre projet auprès des fans de la première heure. Pourtant, il a tort de s’excuser.
Le piège du fan-service
L’histoire récente l’a prouvé jusqu’à la nausée. Coller une veste en cuir à un acteur pour faire plaisir aux puristes de Resident Evil (ou d’une autre licence) n’a jamais garanti un bon film. De la saga nanardesque de Paul W.S. Anderson au naufrage industriel de la série Netflix, les précédentes adaptations se sont systématiquement effondrées en voulant singer les jeux sans jamais en comprendre la mécanique de la peur.
Cregger a parfaitement raison dans sa démarche initiale : l’essence de Resident Evil, ce n’est pas la frange de Leon Kennedy ni les punchlines de Chris Redfield. C’est l’isolement, le sentiment de claustrophobie, la gestion des ressources et la terreur crue d’un couloir sombre. C’est exactement cette formule qui a permis à Resident Evil 7 de ressusciter la franchise sur console en balayant le passé pour repartir d’une page blanche.
Plutôt que de faire de la repentance médiatique, Zach Cregger devrait assumer son coup de poker la tête haute. Raconter une histoire inédite Resident Evil dans cet univers sombre est la meilleure décision artistique prise sur la licence depuis vingt ans.
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