Alors que la saga Mass Effect est actuellement plongée dans un sacré flou, Wizards of the Coast entend s’engouffrer dans la brèche avec Exodus. J’ai pu y jouer à la gamescom, et les fans du commandant Shepard feraient bien de le surveiller.

Après une flamboyante trilogie (certes, avec une fin qui a fait débat), la saga Mass Effect est tombée dans des eaux troubles. La faute, d’abord, à Mass Effect Andromeda, une expérience médiocre et très loin de la qualité d’origine. Depuis, le studio BioWare n’est plus que l’ombre de lui-même. Un nouveau Mass Effect est bien en préparation, mais le silence qui l’entoure ne préfigure rien de bon.

En prime, le récent rachat d’Electronic Arts par un consortium mené par le fonds saoudien met en péril l’avenir des licences moins fructueuses. Plusieurs observateurs redoutent un recentrage sur les franchises les plus rentables — Battlefield, EA Sports FC, Les Sims — au détriment de licences plus fragiles comme Mass Effect.

Les fans de Mass Effect pourraient toutefois trouver leur bonheur grâce à Wizards of the Coast. L’éditeur du jeu de cartes Magic: The Gathering lancera, le 7 avril 2027 sur PS5, Xbox Series S, Xbox Series X et PC, Exodus, décrit comme un RPG orienté action, axé sur la narration et situé dans un univers SF. Soit exactement ce qu’étaient les (bons) Mass Effect. J’ai pu y jouer à la gamescom 2026, organisée fin août 2026 à Cologne, et les (bonnes) sensations sont là.

Exodus // Source : Wizards of the Coast
Exodus a tout du nouveau Mass Effect. // Source : Wizards of the Coast

Mass Effect 5 a un nom, et il s’appelle Exodus

La filiation d’Exodus avec Mass Effect n’est pas le fruit du hasard. Archetype Entertainment, studio qui s’occupe du développement, regroupe des vétérans, notamment passés par BioWare. Ils ont donc touché l’épopée spatiale du commandant Shepard de près. J’ai d’ailleurs pu échanger quelques mots avec un développeur, qui m’a confié avoir travaillé sur Mass Effect Andromeda (en s’excusant presque de la qualité du jeu). L’objectif est donc clair et assumé : renouer avec le lustre de la trilogie Mass Effect.

Le studio a aussi sorti l’artillerie hollywoodienne. Matthew McConaughey, acteur ayant reçu un Oscar, prête sa voix à C.C. Orlev, un mentor énigmatique qui guide Jun tout au long de l’aventure. C’est sa toute première incursion dans un jeu vidéo, et un clin d’œil transparent à Interstellar, où il affrontait déjà les paradoxes du temps qui passe.

Exodus s’articule autour de Jun Aslan, un ferrailleur qui s’est donné pour mission d’explorer des ruines antiques en quête de ressources pour rebâtir son monde en péril, altéré par le voyage interstellaire. L’aventure ne sera pas de tout repos : outre des entités extraterrestres puissantes (Celestials), il faudra combattre d’autres factions humaines. En somme, tout est là pour construire un véritable space opera. En espérant, bien sûr, que les environnements soient riches et variés, et qu’il sera possible de faire des choix forts, en lien avec la dilatation temporelle (une expédition dans l’espace ne coûte que quelques jours à Jun, mais fait vieillir de plusieurs décennies ceux qui n’ont pas bougé). Le studio promet que ce ressort pèsera sur les relations nouées avec les personnages et sur le devenir des colonies humaines.

Exodus // Source : Wizards of the Coast
TPS et gestion d’une petite escouade. // Source : Wizards of the Coast

En termes de gameplay, on est invité à gérer une petite escouade. On ne contrôle qu’un seul personnage, mais on peut donner des ordres à nos alliés, avec l’opportunité de créer des synergies entre les pouvoirs de chacun. Le reste est classique : on peut se mettre à couvert pour se protéger des attaques ennemies, et on dispose de ses propres compétences pour se défendre. Dans la démo, on a pu ralentir le temps ou encore casser facilement les armures. Le héros peut en outre interagir avec l’environnement, comme remodeler la matière pour créer un pont. Les environnements invitent à explorer en dépit d’une structure assez fermée.

Exodus ne prend pas énormément de risque sur les affrontements, qui s’avèrent fluides et efficaces, et même particulièrement grisants face au boss (ici, un ours agressif et difficile à abattre). Il faut rappeler qu’on a été lâché dans le grand bain sans réelle préparation, le but de l’aperçu étant d’abord de mettre en avant le feeling — encourageant — du gameplay. Pour l’éventuelle profondeur, il faudra un test plus poussé. Exodus sera davantage attendu sur la pertinence de son univers et de ses quêtes. Un gameplay solide, c’est une bonne base, et une éventuelle tare de moins.

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