Tout est parti d’un détail très discret, que seuls des farfouilleurs de code sont à même de repérer. En faisant un tour dans la boutique officielle de Blizzard, en amont de la BlizzCon (12-13 septembre 2026), des internautes ont croisé une palette de couleurs dans la feuille de style en cascade (CSS) au nom intrigant : « wow-camelot__color-scheme ».
Sauf que quelques heures plus tard, comme l’a noté le site spécialisé Icy Veins, cette palette a ensuite été rebaptisée « wow-2__color-scheme ». Un changement également discuté sur des subreddits dédiés à l’univers de World of Warcraft, comme r/classicwow. Des joueurs ont aussi comparé cette palette aux autres styles de Blizzard.

Ce retitrage express, avec une tournure évidemment lourde de sens (WoW étant l’acronyme extrêmement répandu et utilisé pour désigner le MMORPG de Blizzard), a forcément enflammé les esprits. D’autant que cela survient à quelques jours de la BlizzCon, qui est le lieu historique où le studio fait ses plus grandes annonces.
Qui plus est, l’analyse des autres palettes montre que Blizzard range déjà ses jeux par thèmes de couleurs. On trouve ainsi Midnight (la toute dernière extension du jeu), mais aussi Overwatch, StarCraft, Hearthstone, Diablo et Diablo IV. Donc, l’apparition d’un « wow-camelot » / « wow-2 » au même rang que les autres est tout sauf anecdotique aux yeux des fans.
« Camelot », le nom de tous les fantasmes
Car « Camelot » n’est pas une tournure anodine pour les habitués de WoW Classic — la version à l’ancienne de World of Warcraft. C’est le nom de code qui est associé à une future mise à jour (1.60) du jeu. Ce patch est considéré comme celui qui transportera WoW Classic vers de nouveaux horizons et, surtout, vers un projet de « Classic+ ».
Les dataminers, ces internautes qui sont justement experts dans la traque et la fouille d’informations non divulguées, recherchent ainsi des indices dans les fichiers et le code source du jeu. Ce nom circule déjà depuis un moment, et à mesure que l’on se rapproche de la BlizzCon, l’effervescence augmente, et le sujet revient régulièrement dans la communauté.
De quoi titiller une communauté qui réclame davantage de contenu depuis des années, tandis qu’une frange des joueurs et des joueuses a préféré se rabattre sur des serveurs privés qui proposent déjà leur propre version d’un Classic+ — à l’image de Turtle WoW ou du projet Ascension, que Blizzard s’évertue évidemment à neutraliser dès que possible.
Pourquoi le chiffre 2 ne prouve rien
Au-delà de Classic+, un vrai « WoW 2 » est-il réellement en approche ?
Relier cette simple ligne de code à cette hypothèse tient surtout du saut dans le vide et du pari que l’on ne va pas s’écraser tout en bas. Une classe CSS n’est pas, en soi, un titre de produit. Le chiffre 2 peut tout bêtement désigner une seconde palette dédiée à WoW dans la boutique, sans le moindre secret derrière.
Blizzard, de son côté, n’a rien officialisé : le studio n’a ni confirmé ni démenti un quelconque « WoW 2 » et n’a pas commenté le renommage de sa palette. À ce stade, aucun élément public ne prouve que ce thème de boutique renvoie à autre chose qu’un second habillage dédié à World of Warcraft.
On pourrait cependant arguer l’inverse : Blizzard est un studio expérimenté, qui ne peut pas ignorer ce que ce genre d’élément risque de produire chez les fans. Qui plus est, dans l’univers du studio, le chiffre adossé au titre d’une licence désigne souvent une vraie suite : Overwatch 2, StarCraft 2, Diablo II (dont Resurrected). Alors, pourquoi pas WoW ?
D’aucuns pourraient trouver le moment propice. Le MMORPG a plus de 20 ans d’âge et partir sur de nouvelles bases, modernisées et refondues, serait l’occasion de changer d’ère. En outre, on s’approche narrativement de la fin d’un cycle dans la trilogie des extensions annoncées à la BlizzCon 2023. Midnight est en cours et il ne restera plus que The Last Titan.

Mais comment articuler un WoW 2 avec le WoW actuel ? Quid des projets que Blizzard a à long terme (une demi-douzaine d’extensions) ? Ou des nouveautés relativement récentes, comme le housing (logis), que le studio a vendu comme des initiatives durables pour les joueurs et les joueuses, après deux décennies à attendre ?
Le contexte n’aide pas à garder la tête froide. En juin, une prétendue feuille de route interne — un WoW Classic réinventé, un action-RPG centré sur Arthas, des séries à venir — avait gagné en crédibilité après une autre trouvaille de dataminers. Depuis, la communauté est à la chasse permanente aux indices, et le moindre bout de CSS y passe aussi.
De nombreuses questions sans réponse, donc. La BlizzCon 2026 prévoit deux panels « L’avenir de World of Warcraft » au programme du week-end — et Numerama y assistera sur place. Si Camelot — ou quoi que ce soit d’autre — doit vraiment sortir de l’ombre, ce sera vraisemblablement sur cette scène. Réponse les 12 et 13 septembre.
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