La guerre de succession de House of the dragon vous laisse de marbre ? Pas de panique ! La première moitié de l’année 2026 nous a déjà livré de belles pépites inattendues. Numerama vous propose de rattraper cinq d’entre elles, entre deux farniente près de la piscine. 

Il y a celles qu’on attendait, comme Pluribus, la nouvelle création de Vince Gilligan ou l’ultime saison de The Bear, et celles qu’on n’a pas vu venir et qui nous ont régalé comme la géniale Widow’s Bay. Dans un paysage sériel un peu moins excitant qu’il y a quelques années, où les séries moyennes – vite regardées, vite oubliées – se multiplient, ces nouvelles venues sont sorties du lot en 2026 pour nous faire passer un excellent moment. Si vous les avez ratées au moment de leur diffusion, c’est le moment de profiter de votre été pour leur donner une chance. Promis, vous ne serez pas déçus ! 

Heated Rivalry, sur HBO Max 

C’est le phénomène sériel de l’année 2026 que personne n’attendait. D’abord diffusée sur la plateforme canadienne Crave puis sur HBO Max à partir de février, Heated Rivalry a connu un succès surprise fulgurant. Cette adaptation réussie des romans « Game Changers » de Rachel Reid par Jacob Tierney suit la liaison secrète entre deux joueurs professionnels rivaux de hockey sur glace, le canadien Shane Hollander (Hudson Williams) et le russe Ilya Rozanov (Connor Storrie).

En l’espace de quelques semaines, les acteurs Hudson Williams et Connor Storrie ont accédé à la célébrité planétaire, tandis que le hockey sur glace devenait le sport le plus tendance du moment. La série est-elle à la hauteur de la hype ? Si on peut juger les ellipses de temps un peu trop nombreuses et parfois rapides, Heated Rivalry est globalement une réussite artistique

En six épisodes, on est happé par cette irrésistible romance gay, la dynamique changeante entre les deux tourtereaux et la place que prend le sexe dans la série. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut savourer une série à la fois sexy et politique. 

Le retour de Scrubs, sur Disney +  

On n’aurait pas parié sur un retour gagnant de Scrubs, comédie barrée et attachante du milieu des années 2000 portée par Zach Braff – une voix Milleniale importante du ciné indie US – et qui semblait avoir fait son temps. Et bien on a eu tort ! Le retour de JD, Turk (Donald Faison), Elliot (Sarah Chalke) & co à l’hôpital du Sacré-Cœur s’avère une vraie partie de plaisir dans ce revival signé Bill Lawrence, le showrunner de la série originale à qui l’on doit aussi la réconfortante Ted Lasso.

D’un côté, on reprend les vies de nos trois héros qui font face aux affres de la quarantaine (divorce, amitiés vacillantes, crise existentielle…), de l’autre on accueille une poignée de jeunes internes de la Gen Z qui vient bousculer leur façon de pratiquer la médecine et de prendre soin des patients. 

Scrubs, le retour // Source : Disney / Brian Bowen Smith
Scrubs, le retour // Source : Disney / Brian Bowen Smith

Les blagues font mouche et la série, à l’image de The Pitt et le retour en force des séries médicales, se fend d’un constat alarmant sur l’état du système de santé américain et plus globalement d’une société qui peine à prendre soin de ses membres les plus vulnérables.  

Un très mauvais pressentiment, sur Netflix 

Alors que le film d’horreur Obsession cartonne au cinéma, on n’a pas assez parlé de cette pépite horrifique aux vibes proches, produite par Matt et Ross Duffer, les créateurs de Stranger Things, et créée par Haley Z. Boston. Rachel (Camila Morrone) et Nick (Adam DiMarco) sont jeunes, beaux et sur le point de se dire oui ! 

Ils passent la semaine de leur mariage dans un superbe chalet paumé dans la forêt qui appartient à la richissime famille de monsieur. Entre une belle-famille flippante et le spectre d’une malédiction ancestrale, le conte de fée prend des air de récits gothiques, jusqu’à un final explosif ! 

Grinçante, malaisante, bénéficiant d’une réalisation inventive et d’un casting emmené par la révélation Camila Morrone (et la toujours excellente Jennifer Jason Leigh), cette mini-série féministe sur les méandres du mariage hétérosexuel est l’une des meilleures surprises de l’année.

Margo a des problèmes d’argent, sur Apple TV+ 

Si elle n’est pas complètement une surprise au vu du casting alléchant – Elle Fanning, Michelle Pfeiffer, Nicole Kidman, Nick Offerman… – et du showrunner derrière ce projet, le vétéran des séries David E. Kelley (Ally Mc Beal, Big Little Lies), on ne s’attendait pas à ce que cette mini-série sortie en avril dernier et adaptée du roman de Rufi Thorpe soit aussi fabuleuse ! 

La Margo du titre est une écrivaine en herbe obligée de quitter l’université après être tombée enceinte de son professeur de littérature. Sérieusement fauchée, elle décide de se lancer sur OnlyFans pour subvenir aux besoins de son bébé.

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Une série touchante sur les épreuves d’une jeune mère célibataire. // Source : Apple TV+

C’est aussi le moment où Margo, proche de sa mère (géniale  Michelle Pfeiffer en pleine renaissance) au caractère bien trempé, reconnecte avec son père, Jinx (Nick Offerman dans un rôle de père dysfonctionnel touchant), un ancien catcheur avec des problèmes d’addiction. Drôle, tendre et peuplée de personnages aussi imparfaits qu’attachants, Margo a des problèmes d’argent installe un univers à la Shameless en plus coloré et Gen Z, dans lequel on a envie de rester. 

La série propose certes une vision édulcorée du travail du sexe (Margo crée des performances artistiques joliment filmées et non-explicites), mais elle a le mérite de s’attaquer aux stigmates qui collent à la peau des travailleuses du sexe et d’y poser un regard non-fétichisant (a contrario de la dernière saison d’Euphoria) et dénué de jugement moral. Une rareté dans la fiction. Signe de son succès, imaginée comme une mini-série, Margo a des problèmes d’argent aura droit à une saison 2. 

Widow’s Bay, sur Apple TV+  

Apple TV+ continue de faire de la concurrence à HBO Max cette année ! Créée par Katie Dippold et lancée fin avril, Widow’s Bay est la dernière sensation sérielle en date, dont le nom tourne en boucle dans la bouche des sériephiles. 

Cette comédie horrifique prend place sur une île paumée de la Nouvelle-Angleterre, que son maire, Tom Loftis, est bien décidé à faire passer au 21e siècle en dépit de l’avis de ses habitants superstitieux. Mais tandis que les premiers touristes affluent, Tom et son équipe municipale font face à d’étranges phénomènes…

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Tom et les habitants de Widow’s Bay ne sont pas au bout de leur peine ! // Source : Apple TV+

Sous influence Stephen King et Lost, Widow’s Bay est le genre de série rare, dans laquelle vous ne savez pas ce qu’il va se passer dans le prochain épisode. Scénariste sur la culte Parks and Recreation et du film Le Manoir Hanté (2023), Katie Dippold a trouvé un ton qui n’appartient qu’à elle, entre humour de série de bureau et personnages délicieusement sarcastiques. Elle est aussi visiblement une grande fan d’horreur : chaque épisode rend hommage avec malice à des topos horrifiques comme la figure de la sorcière, la maison hantée, le slasher… 

C’est tout simplement un régal porté par des interprètes parfaits, à commencer par le caméléon Matthew Rhys (The Americans, The Beast in me), accompagné de Kate O’Flynn, MVP de la série dans le rôle de Patricia, son adjointe ô combien sous-estimée. Au bout des dix épisodes, on en redemande ! Et ça tombe bien : une saison 2 a été officialisée.

Le verdict

Something Very Bad is Going to Happen // Source : Netflix
8/10

Un très mauvais pressentiment

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Il n’y a pas d’offres pour le moment
Mini-série horrifique particulièrement maîtrisée, Un très mauvais pressentiment séduit par son atmosphère oppressante et son ton singulier non dénué d’humour. La réalisation, inventive et soignée, renforce le sentiment de malaise qui traverse chaque scène. Le casting, peu composé de grandes stars, se révèle judicieux, avec une interprétation solide et incarnée de la part de Camila Morrone dans la peau de Rachel. Et puis l’un des grands atouts de la série réside dans son imprévisibilité, qui la distingue des productions formatées. La série détourne avec brio les codes du récit de mariage pour proposer une exploration plus sombre et contemporaine de cette thématique. Une vraie réussite !
Comparatif svod // Source : Montage Numerama
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