Tout commence pour le mieux dans la série Un très mauvais pressentiment. Rachel (Camila Morrone) et Nicky (Adam DiMarco), deux jeunes amoureux, ont décidé de se marier ! À une semaine de la cérémonie, le fiancé emmène sa bien-aimée dans un chalet luxueux perdu au cœur de la forêt, à la rencontre de sa famille : ses parents fusionnels, son frère distant et sa sœur passive-agressive.
Face à leur comportement étrange, voire hostile, Rachel ressent une atmosphère de plus en plus oppressante, tandis qu’elle est témoin de scènes inquiétantes. Est-elle en train de virer parano ou son mariage est-il maudit ?
1. Les frères Duffer, une garantie de qualité
Si le nom de Haley Z. Boston, la créatrice de la série Un très mauvais pressentiment, ne vous dit rien, en revanche celui de ses producteurs devrait vous interpeller. Il s’agit des frères Duffer, les créateurs de Stranger Things, la série fantastico-horrifique la plus populaire de cette dernière décennie, achevée il y a quelques mois.
Si les maîtres du frisson que sont Matt et Ross Duffer ont choisi de produire le projet de Haley Z. Boston, c’est qu’il doit posséder une qualité particulière, une atmosphère qui les a happés. Après le visionnage des sept premiers épisodes (la mini-série en compte huit, et nous avons hâte de découvrir le dernier !), on comprend pourquoi les producteurs ont misé sur cette série.
2. Une atmosphère grinçante et une réalisation inspirée

C’est un peu la base pour réussir un film d’horreur : vous pouvez avoir un concept incroyable, si l’ambiance liée à cet univers n’imprègne pas toutes les scènes, c’est raté. Un très mauvais pressentiment accroche dès ses premières séquences inquiétantes. Haley Z. Boston, qui a travaillé sur une autre série Netflix remarquée, la déjantée Brand New Cherry Flavor, possède un vrai talent pour construire des moments de tension et installer une atmosphère ultra-oppressante, saupoudrée d’une pincée d’humour noir.
Le titre de la série est extrêmement fidèle à son contenu ! La réalisation, signée Weronika Tofilska pour ses deux premiers épisodes (la réalisatrice des premiers épisodes de Mon petit renne, une autre série au ton singulier) accompagne idéalement cette sensation de malaise qui infuse chaque scène de la série.

La cinéaste adopte une photographie sombre, qui sied au genre horrifique et use de techniques diverses (plan subjectif, au caméscope vintage pour un épisode, personnages filmés de très loin ou au contraire en très gros plan) pour incarner l’instabilité dans laquelle flotte Rachel.
La série joue également sur différentes tonalités horrifiques : une scène dans un bar évoque Twin Peaks tandis qu’un autre moment nous plonge dans une ambiance gothique. Ce mélange des styles fonctionne très bien.
3. Un casting rafraîchissant

Vous ne trouverez pas Nicole Kidman, Mark Ruffalo ou Kate Winslet dans cette série. Et même si on adore ces trois-là, c’est aussi rafraîchissant de suivre un récit porté par des interprètes qui ne figurent pas dans le top des célébrités les plus puissantes de Hollywood. Cela permet de se projeter directement dans le récit.
Dans le rôle principal de Rachel, Camila Morrone, repérée dans la très chouette Daisy Jones and The Six (2023), impressionne. L’ancienne mannequin, qui se consacre désormais à sa carrière d’actrice, est de tous les plans et doit puiser dans une large palette d’émotions. Elle prouve sa capacité à porter une série sur ses épaules.

Pour lui donner la réplique, elle peut compter sur un groupe d’interprètes secondaires solide : Adam DiMarco (White Lotus) dans le rôle de Nicky, son gentil fiancé qui cache un secret peu avouable, Jennifer Jason Leigh, excellente en matriarche angoissante, ou encore Gus Birney, parfaite en mean girl insaisissable, à deux doigts de voler la vedette à Camila Morrone.
4. Une série imprévisible, et ça fait du bien
Il n’y a rien de plus agaçant que de commencer une série dont on peut prédire le prochain dialogue ou rebondissement. Et malheureusement, nous vivons dans une ère de « contenus » où les diffuseurs cherchent à fidéliser et rassurer leur public.
Ce qui donne des séries de bonne qualité, mais souvent interchangeables, avec des scènes d’exposition longuettes et des rappels de l’intrigue peu subtils, histoire de ne pas perdre celui ou celle qui regarde la série, tout en ayant les yeux rivés sur son portable.

Dans ce contexte, tomber sur une fiction qui possède une intrigue maîtrisée mais pas prévisible devient rare. C’est ce que propose Un très mauvais pressentiment dans un format resserré — huit épisodes d’une quarantaine de minutes — qui lui permet d’exploiter son récit, sans avoir à l’étirer artificiellement.
La showrunneuse s’amuse avec les codes du genre, en déjouant les attentes du spectateur. Le suspense est assez haletant pour qu’on ait envie de regarder l’épisode suivant.

On sait que le dernier épisode va nous amener au jour de la cérémonie, mais c’est bien la seule donnée prévisible d’une série où il est question de malédiction ancestrale, de sorcellerie et d’un terrifiant croque-mitaine, le « Sorry Man », qui découpe les femmes en pleurant. Après le visionnage des sept premiers épisodes, on est incapables de vous dire ce qu’il va se passer dans le season finale, et c’est un régal.
5. Pour le meilleur, mais surtout pour le pire ?
Après le succès du slasher Wedding Nightmare, qui suivait le cauchemar de Grace — une jeune femme traquée par sa belle-famille juste avant son mariage — et avant la sortie de The Drama, avec Zendaya et Robert Pattinson dans le rôle d’un couple fiancé qui doute après une révélation inattendue, Un très mauvais pressentiment vient confirmer la tendance des thrillers et films d’horreur prenant pour sujet les défis du mariage dans un monde incertain, où la peur de l’engagement gagne autant les femmes que les hommes.

Alors que des séries comme Bridgerton s’échinent à réenchanter l’union du mariage hétérosexuel, Un très mauvais pressentiment joue aussi sur les codes du conte mais en exploitant plutôt leur côté dark.
Malgré leurs différences, les deux séries se posent finalement la même question : comment être sûre que c’est le bon, que nous allons nous marier avec notre fameuse « âme sœur » ? Le jury délibère toujours.
Le verdict

Un très mauvais pressentiment
Voir la ficheOn a aimé
- Camila Morrone nous embarque dans la peau de Rachel et dans ses angoisses
- Une réalisation inventive qui surprend
- Une atmosphère vraiment angoissante, entre conte de fée dark et horreur psychologique
- Une thématique, le mariage, traitée de façon actuelle et divertissante
- Des rebondissements inattendus
On a moins aimé
- Un photographie un peu sombre, même pour une série horrifique !
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