« Un bac à sable narratif » : voilà comment est décrit The Blood of Dawnwalker. Il s’agit du premier jeu de Rebel Wolves, studio fondé par d’anciens développeurs de CD Projekt Red, Konrad Tomaszkiewicz, réalisateur de The Witcher 3: Wild Hunt en tête. En 2025, à l’occasion de la gamescom, on avait pu découvrir le concept phare du RPG, centré autour de la notion du temps, mais sans pouvoir encore y jouer. Moins d’un an plus tard, Bandai Namco a de nouveau convié la presse à découvrir The Blood of Dawnwalker, le 9 juin 2026. Avec une manette entre les mains, cette fois.
Pendant quatre heures, j’ai pu découvrir la copieuse introduction de The Blood of Dawnwalker. L’histoire s’articule autour de Coen, qui vit avec la culpabilité d’avoir vu sa petite sœur être changée en vampire. Affecté à son tour, mais pas totalement transformé (il est ce que l’on appelle un Vespéral), il se lance dans une quête de vengeance et a trente jours et autant de nuits pour se débarrasser de Brencis, un seigneur vampire qui règne sur Val Sangora, plongé dans la peste noire. Oui, c’est gai.

Le temps est précieux dans The Blood of Dawnwalker
Ça sort quand, déjà ?
The Blood of Dawnwalker sera disponible le 3 septembre 2026 sur PS5, Xbox Series S, Xbox Series X et PC.
Contrairement à ce que l’on pensait à l’origine, The Blood of Dawnwalker ne se termine pas au bout des 30 jours annoncés. Ce décompte n’est lié qu’à l’objectif principal. Libre à chacun ou chacune de construire alors son aventure pour le remplir ou, a contrario, de flâner dans les environnements remplis de tâches diverses et variées. Maintenant que cette épée de Damoclès est évacuée, il faut quand même avoir en tête que la gestion du temps est cruciale dans The Blood of Dawnwalker. Les développeurs ont effectivement mis au point un système assez malin, avec des points de temps consommés en fonction de ce que l’on fait. Il remplace l’habituelle horloge qui avance naturellement et de manière linéaire, sacrifiée ici pour ne pas rajouter de la pression supplémentaire.
La gestion du temps est cruciale dans The Blood of Dawnwalker
Concrètement, chaque nuit et chaque jour prend la forme d’une barre découpée en huit segments, chacun des segments représentant un « point de temps ». Si explorer librement ne fait rien avancer (ce que ferait une horloge classique), terminer une quête peut coûter un ou plusieurs points d’un seul coup. Il en va de même pour l’acquisition de certaines compétences, auprès des autels dédiés à cet effet (et qui servent aussi pour les voyages rapides). Dès lors, on pourra être tenté de refuser de terminer certaines quêtes ou de devenir plus puissant, par crainte de passer trop vite à la nuit suivante ou au jour suivant.

Comme The Blood of Dawnwalker est « un bac à sable narratif », chacun vivra sa propre épopée en fonction de ses choix et des conséquences qui en découlent. En préambule, Rebel Wolves a d’ailleurs confié qu’il était possible de « casser » certaines quêtes, si l’on tue un PNJ par mégarde (par exemple), mais en aucun cas le jeu en lui-même. En dépit de cette apparente liberté, le RPG accuse quand même quelques poncifs des jeux en monde ouvert d’avant, comme un dirigisme à peine dissimulé (avec des chemins temporairement bloqués) ou des tours de guet servant à repérer les activités dans un rayon proche — tours qu’on ne peut grimper qu’en étant vampire.
On sent en tout cas que Konrad Tomaszkiewicz a travaillé sur The Witcher 3: Wild Hunt, tant on retrouve la même maturité, diversité et qualité dans l’écriture. En un seul prologue, on a enchaîné des séquences allant du tout au tout : jouer à cache-cache en famille, battre un soldat, en découdre avec un père ivrogne qui tape son fils (notre bourreau à l’origine), sauver un mec des loups puis d’un mort-vivant perdu dans une tombe… The Blood of Dawnwalker déploie une richesse bienvenue, avec des quêtes à tiroirs qui étonnent parfois dans leur déroulement ou leur épilogue. Au niveau du Baron Sanglant de The Witcher 3: Wild Hunt ? On verra dans le jeu final.
The Blood of Dawnwalker rassure un peu sur les combats
Et graphiquement alors ?
Je me garderais bien de juger la partie graphique sur une version preview. The Blood of Dawnwalker ne sera a priori pas une claque visuelle, mais il a de beaux arguments artistiques pour qui aime l’Europe du 14e siècle à tendance gothique, fantastique et sombre.
J’avais quelques réticences sur la partie combat de The Blood of Dawnwalker, ingrédient ô combien important dans un RPG porté sur l’action, qui plus est avec un héros mi-homme (le jour) mi-vampire (la nuit). Si Coen se révèle parfois un peu pataud et saccadé dans ses mouvements, il reste habile dans l’art de faire pleuvoir le sang de ses ennemis — surtout quand il doit le boire. Les affrontements reposent sur un gameplay hybride, qui laisse le choix entre une approche traditionnelle (plus offensive) ou basée sur les directions (plus défensif).
Il ne s’agit pas d’une option dans les menus, mais d’un choix conscient ou inconscient dans l’esprit de la joueuse ou du joueur. Il faut tout de même garder en tête que les attaques et parades directionnelles sont plus efficaces, car plus complexes. On retrouve aussi de la dualité dans la condition même de Coen, qui se bat comme un humain le jour et peut profiter de la puissance démesurée d’un vampire la nuit.

Ainsi peut-il fondre sur un adversaire pour lui sucer le sang et regagner au passage de la santé. Notons d’ailleurs que les aliments qui soignent Coen le jour ne servent à rien quand il est vampire. Heureusement, on pourra toujours se nourrir de quelques rats, qui n’auraient jamais dû croiser la route d’une telle créature assoiffée. Ce double gameplay contamine tout et il est intéressant de constater que les développeurs ont pensé à tout pour rendre leur univers crédible et immersif.
En somme, comme on le pressentait, The Blood of Dawnwalker affiche de belles qualités et de belles promesses, tout en assumant les tares d’un premier jeu ambitieux (et qui doit en prime poser les bases d’une véritable saga) et qui ne dispose peut-être pas d’un budget à la hauteur de son appétit d’ogre. Sa structure basée sur une gestion fine et concrète de l’unité de temps est rafraîchissante. Elle peut à elle seule appeler à l’indulgence pour les quelques écarts de conduite.
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