Alors que Forza Horizon 6, dont la carte s’inspire du Japon, est attendu pour le 19 mai, et qu’Assassin’s Creed Shadows a récemment fait un détour par l’archipel, le dixième art aime à puiser son inspiration dans le pays du Soleil levant. Et d’ailleurs, ces deux titres ont plutôt séduit les joueuses et joueurs japonais, qui ont répondu présent à chaque fois.
Qu’en serait-il pour GTA 6 ? Alors que l’attente autour du prochain hit de Rockstar est interminable pour les fans, marmaduke091, un utilisateur de X, s’est justement dit que ce serait une excellente idée de demander à une IA d’imaginer à quoi ressemblerait ce jeu vidéo s’il se déroulait dans une version hyperréaliste du Japon.
Le résultat est publié sur son compte X le 9 mai 2026, dans un message qui culmine déjà à presque 7 millions de vues.
Cependant, malgré l’enthousiasme de nombreuses personnes, plusieurs membres japonais du réseau social se montrent bien plus mitigés, voire franchement opposés à cette vision. Pour eux, le simple fait d’imaginer un GTA se déroulant au Japon est jugé dérangeant, pour ne pas dire carrément inquiétant.
« Je suis content que Forza Horizon 6 se déroule au Japon, alors je me demande pourquoi je ne suis pas aussi enthousiaste à l’idée de jouer à un GTA au Japon. Peut-être que le fait que l’action se déroule dans mon pays d’origine renforce mon aversion pour la criminalité », écrit oASHIURAo en réponse à la vidéo de marmaduke091.
« Je me demande pourquoi le fait de me lâcher un peu comme ça me donne un léger sentiment de culpabilité dès que l’action se déplace au Japon », écrit koburou.
Il faut noter que le Japon a une histoire particulière avec la franchise GTA : celle-ci a dû faire face à des restrictions gouvernementales en raison de son contenu violent et explicite.
Selon les informations partagées par le site Automaton, le 12 mai, le Conseil de protection de l’enfance de la préfecture de Kanagawa a classé GTA III comme un « contenu préjudiciable aux mineurs », une première depuis 1992 pour un jeu vidéo, avec une interdiction stricte d’accès pour les mineurs. Des mesures similaires ont été adoptées dans d’autres préfectures, comme à Osaka. À l’époque, Capcom, impliqué dans la distribution du jeu dans l’archipel, avait dénoncé une atteinte à la liberté d’expression.
Chaos libre contre chaos codé
Une bonne part des joueurs et joueuses japonais semble donc peu enthousiastes quant à la transposition du concept de liberté d’action et de criminalité dans leur propre pays, et surtout dans un environnement si familier. « C’est un jeu assez terrifiant quand on y pense dans un contexte local. Je commence à me demander comment les Américains peuvent y prendre du plaisir… », commente LAMBsunsun.
Et si vous vous demandez pourquoi toutes ces réactions, alors que le Japon possède la série Yakuza, qui ressemble à bien des égards à GTA, beaucoup vous rétorqueront que Yakuza et GTA sont fondamentalement différents dans leur représentation du crime.

« Dans la plupart des scénarios de la série Yakuza, ce sont généralement les méchants qui s’en prennent ouvertement aux civils. Bien sûr, les combats entraînent des dommages collatéraux, comme lorsqu’ils saccagent des supérettes […], mais en tant que joueur, on ne peut ni braquer, ni voler, ni blesser ou tuer des civils, et on voit bien que c’est fait en respectant la culture et l’éthique japonaises », écrit oASHIURAo, qui ajoute : « Si GTA se déroulait au Japon, ça deviendrait un énorme problème et ça ouvrirait la boîte de Pandore qui ébranlerait les fondations mêmes de la création de CERO (l’organisme officiel de classification des jeux vidéo au Japon). »
En somme, GTA est perçu par une partie du public japonais comme un jeu où le protagoniste est incité à commettre directement des crimes, tandis que dans les jeux Yakuza, même si les personnages principaux peuvent semer le chaos, cela s’inscrit davantage dans un cadre narratif, ou est généralement justifié, et ne concerne que très rarement les civils.
Vous y penserez peut-être, la prochaine fois que vous détruirez le vélo d’un quidam dans Yakuza pour vous en servir contre un voyou.
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