Vous n’avez jamais entendu parler de Code Violet ? C’est sans doute normal et, à vrai dire, vous n’avez pas envie d’en entendre parler. Je l’ai découvert en voyant ses premières notes affichées sur Metacritic : deux jolis 4/10, aboutissant alors à un piètre score de 40/100 (depuis, il a chuté à 30/100). Puis, en furetant un peu, on peut tomber sur des tweets édifiants concernant Code Violet, comme celui de la créatrice de contenu Vara Dark. Le 19 décembre 2025, elle rappelait que le studio TeamKill Media a décidé de ne pas lancer son jeu sur PC afin d’éviter les mods vulgaires. Une vaste hypocrisie, quand on voit les outils de communication du jeu.
Une hypocrisie bien plus vaste encore quand on lance Code Violet, qui nous met dans la peau d’une héroïne en tenue légère, avec gros plan sur ses fesses vêtues d’une culotte blanche — vraiment ? TeamKill Media se moque du monde. En réalité, la raison pour laquelle le studio est prêt à se passer d’une juteuse plateforme comme le PC est commerciale : sur PlayStation 5, les remboursements sont beaucoup moins permissifs que sur Steam. Sur la console de Sony, vous ne pourrez plus rien demander après avoir joué ne serait-ce que dix minutes au jeu, soit le temps qu’il faut pour comprendre à quel point il est d’une nullité abyssale. Sauf qu’il sera déjà trop tard pour récupérer ses 50 € mal dépensés.
Points forts
- Tout paraît bien à côté
- Quelques références sympathiques
- Je ne sais plus quoi dire, je suis perdu
Points faibles
- Moche et daté
- Des bugs à foison
- Rien ne va, vraiment rien
Il n’y a rien à sauver dans Code Violet, la première exclusivité PS5 de 2026
En nous mettant dans la peau d’un personnage féminin dans un univers aux codes difficiles à expliquer, et qu’on n’a pas vraiment envie de chercher à comprendre tant la narration est risible et décousue, Code Violet s’inspire des ténors du survival-horror. On pense aux Resident Evil, dont il pompe certains bruitages (ainsi que ceux de Doom, allez savoir pourquoi), mais aussi aux Dino Crisis — autre saga créée par Capcom. Ainsi, Violet doit affronter des dinosaures dans son aventure qui consiste à s’échapper de divers complexes à l’architecture ridicule, pour survivre à une expérience lugubre (avec du clonage, du mélange d’ADN et du voyage dans le temps, allez savoir pourquoi, bis). Très souvent, trop souvent même, on se demande ce qu’on fiche là, à explorer des couloirs sombres en priant pour ne pas mourir, après avoir pris soin d’allumer un cierge pour éviter un bug fâcheux.

Also les développeurs de Code Violet : // Source : Capture PS5
Car il faut bien se rendre compte de l’état technique déplorable dans lequel se trouve Code Violet. Passons le rendu visuel qui n’aurait même pas fait rêver un propriétaire de PS3 et concentrons-nous sur la facture hyper lourde avec laquelle il faut composer. En environ 8 heures de jeu, j’ai été victime d’un nombre incalculable de problèmes, tous plus invraisemblables les uns que les autres. Là, une arme qui décide de tirer toute seule après l’avoir rechargée, ici une piste sonore qui ne se lance pas. Et que dire de la caméra, qui n’en fait qu’à sa tête dès lors qu’on se rapproche d’un décor d’un peu trop près (regardez du gameplay, vous verrez ou, plutôt, vous ne verrez plus rien). Sans oublier les soucis d’affichage (exemple : les munitions), les collisions d’un autre temps, les animations qui donnent envie d’arrêter les jeux vidéo ou encore les actions contextuelles inopérantes.

Parce qu’il se veut héritier des survival-horror d’antan, Code Violet reprend à son compte certaines mécaniques chères à ces jeux. On pense à la micro-gestion de l’inventaire, qui force à bien utiliser ses ressources, que ce soit pour se soigner ou pour se défendre. Code Violet intègre par ailleurs des mécaniques d’artisanat pour se confectionner tout et n’importe quoi, ou encore une contrainte de saignement si l’on prend une morsure trop profonde (et on en prend assez souvent, hélas). Une spécificité qui accroît légèrement la difficulté, et qui ajoute toujours plus d’objets à transporter, en dépit d’un espace de stockage restreint. Soit. Code Violet lorgne enfin du côté de Dead Space, avec des zones sûres pour sauvegarder (via un téléphone) et améliorer son arsenal au moyen d’une monnaie spécifique.

Le bestiaire de Code Violet réunit donc des dinosaures, mais se contente d’un inventaire assez faible. On maudit quand même les mini-créatures qu’on voit à peine et se contentent de mordiller les chevilles jusqu’à ce que mort s’ensuive (spoiler : la visée est imprécise). On maudit les vélociraptors qui nous foncent dessus sans vraiment les voir venir. On maudit les dilophosaures qui crachent du venin. On maudit surtout ces armes qui n’ont strictement aucun impact. Tirer trois voire quatre cartouches de fusil à pompe sur un dinosaure pour constater qu’il continue sa course vers l’avant, sans broncher, donne le sentiment d’un gameplay catastrophique.
On passe son temps à prendre des coups gratuits, alors même qu’on peut vite mourir dans Code Violet. En toute franchise, je ne me souviens pas être mort autant de fois, qui plus est sans trop comprendre pourquoi, dans un jeu vidéo aussi nul. Code Violet est une plaie comme on a peu l’occasion d’en goûter. On en viendrait presque à regretter le piètre MindEyes, le pire jeu de 2025.

Si Violet démarre l’aventure avec peu de vêtements sur elle, elle récupère vite une tenue spéciale dotée d’une technologie lui permettant d’être temporairement invisible. N’allez pas imaginer toutefois que Code Violet a des allures d’expérience d’infiltration qui s’ignore. Les développeurs ont juste implémenté cet élément de gameplay sans aucune justification, comme tant d’autres choses sur lesquelles on peut tomber dans les environnements, en témoigne la direction artistique qui n’a ni queue ni tête et mélange absolument tout et n’importe quoi. À ce titre, on a encore un PTSD de ce tableau montrant une femme tenant un bébé dinosaure comme son enfant. Du mauvais goût au milieu de références mieux senties (Alien, Jurassic Park…). Captain, on n’est qu’en janvier…
Le verdict

Code Violet
Voir la ficheOn a aimé
- Tout paraît bien à côté
- Quelques références sympathiques
- Je ne sais plus quoi dire, je suis perdu
On a moins aimé
- Moche et daté
- Des bugs à foison
- Rien ne va, vraiment rien
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