La curiosité malsaine constitue un bien vilain défaut. C’est elle qui nous a poussés à essayer, quasiment six mois après son lancement, MindsEye. Ou bien était-ce peut-être l’opportunité offerte par le Black Friday, l’enseigne Micromania ayant proposé une remise ramenant le prix à 15 €. Pour cette somme équivalente à un menu Maxi Best Of chez McDonald’s, nous étions prêts à découvrir l’un des pires jeux de cette année 2025, que certains ont vu, sinon vendu, comme le « GTA-killer ».
Cette promesse bien évidemment galvaudée est due à la présence de Leslie Benzies, ex-producteur chez Rockstar Games qui a fondé son propre studio, baptisé Build A Rocket Boy, pour créer un projet intitulé Everywhere. Après la mauvaise réception de MindsEye, matérialisé par un piètre score Metacritic (37 sur 100) et un échec commercial, l’intéressé est allé jusqu’à affirmer que tout cela n’était que sabotage. Il suffit pourtant de jouer quelques dizaines de minutes pour comprendre qu’il n’y a pas sabotage, mais auto-sabotage.
Points forts
- Ça se finit vite
- La conduite est ok
- Un petit potentiel dans l’univers
Points faibles
- C’est moche
- Gameplay plat
- D’un vide abyssal
MindsEye est un bien piètre rival de GTA
Si Leslie Benzies avait pour ambition de prouver à Rockstar Games qu’il pouvait voler de ses propres ailes, alors il aurait fallu y mettre les moyens. Car c’est peu dire que MindsEye peine à masquer sa misère. Visuellement laid, le titre de Build A Rocket Boy fait vraiment peine à voir. Il n’a pas l’étoffe d’une production datant de 2025, et on pourrait presque arguer qu’il serait même indigne de la génération précédente. C’est simple : tout est fauché dans MindsEye, qui donne l’impression d’avoir les yeux plus gros que le ventre en termes d’échelle. Le jeu veut tutoyer les étoiles, alors qu’il a les fondations branlantes. Or, sans ancrage solide, il est impossible de décoller.
En résulte une ville, ersatz de Las Vegas (il y a même la Sphère), d’un vide sidérant, dans laquelle cohabitent humains, robots et IA dans une atmosphère morne et sans âme, appauvrie par une direction tellement générique qu’elle en devient délétère. Quand on se balade dans ces environnements plats, notre cerveau est comme aspiré et on craint de ne pouvoir en réchapper. Et ne comptez pas sur les interactions pour vous extasier : entre le moteur physique risible, les collisions aléatoires et le manque de réactivité des PNJ, MindsEye ferait passer une ébauche pour un projet terminé. Symbole de cette réalité : tirez sur des passants et il ne se passera pas grand-chose.
Dépouillé sur la forme, MindsEye l’est tout autant dans les sensations qu’il procure
On vous passe les bugs et soucis techniques encore bien présents — lesquels forcent parfois à redémarrer la partie. Et encore, comme on y joue six mois après le lancement, on imagine que la situation était bien pire au départ, sans les quelques correctifs déployés par Build A Rocket Boy. Cette observation trahit les affres d’un projet terminé à la hâte, avec strictement aucune place laissée aux finitions et au peaufinage.
Dépouillé sur la forme, MindsEye l’est tout autant dans les sensations qu’il procure. Le gameplay s’en tire étonnamment bien dans les phases de conduite, réduites, il faut l’avouer, à un casting de deux véhicules (des voitures et un hélicoptère du futur). En revanche, quand il faut sortir une arme à feu, c’est le drame total. Le feeling est inexistant, avec si peu de retour sur l’impact des balles (que l’on tire avec un pistolet ou avec un fusil à pompe). Les ennemis opposent une résistance relative, qu’il compense par l’effet de nombre. Problème : MindsEye, qui n’a rien à proposer dans ses activités annexes (cachées dans des menus), multiplie les gunfights jusqu’à l’overdose. Il ressemble alors à un jeu de tir au pigeon maladroit, face à des soldats stupides et des robots plus costauds.

Pire, MindsEye n’approfondit strictement rien. Le héros est incapable de se battre au corps-à-corps, alors qu’il est censé être un ex-soldat. Et quand il se trouve derrière un élément du décor pour se protéger des tirs ennemis, il ne peut même pas assurer un tir de couverture, pourtant le b.a.-ba du cover-shooting. Bref, on tire, on tire, on tire, et on prie pour passer rapidement à la mission suivante. Les limites s’affichent dès la première séquence d’action, et c’est un constat bien amer en vue des heures suivantes. Heureusement qu’il y a un drone compagnon pour donner un peu de piment, notamment pour hacker les autres robots. MindsEye a un gameplay tellement peu emballant, qu’il aurait été à peine exaltant sur PS2.

Pour tenter de donner un semblant d’épaisseur à une aventure très linéaire que l’on peut plier en moins de dix heures, MindsEye parle beaucoup. Beaucoup trop même, alors qu’il y a si peu à raconter. La narration, centrée sur Jacob Diaz, un ancien soldat hanté par des flashbacks et intrigué par une mystérieuse puce implantée dans son cerveau (le fameux MindsEye), est un antidote contre l’immersion. Les choses sont souvent mal amenées dans MindsEye et, à ce sujet, la première heure ne ressemble pas à grand-chose, et on se demande où le récit nous emmène (spoiler : les cinématiques sont mal jouées et mal animées). Notre esprit finit par lâcher l’affaire de lui-même, priant pour que le générique de fin arrive le plus vite possible, après 150 courses-poursuites interminables, autant de phases de shoot sans relief et des dialogues à n’en plus finir qui recyclent les poncifs du genre SF (IA, robots et tout le toutim). MindsEye n’en a tellement rien à faire qu’il autorise à passer des longs trajets, au risque de perdre quelques éléments narratifs en route. Signe que le jeu est peu regardant sur ce qu’il cherche à transmettre.
Le verdict
On a aimé
- Ça se finit vite
- La conduite est ok
- Un petit potentiel dans l’univers
On a moins aimé
- C’est moche
- Gameplay plat
- D’un vide abyssal
+ rapide, + pratique, + exclusif
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.
Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !













