Quelques mois seulement après 28 ans plus tard, retour triomphant de la saga créée par Danny Boyle et Alex Garland, 28 ans plus tard : Le Temple des Morts transforme l’essai. Le film, cette fois réalisé par Nia DaCosta, raconte beaucoup de choses sous le prisme du gore et de l’âpreté. Voici notre critique, sans spoilers, de cette nouvelle épopée, à découvrir dès le 14 janvier 2026, au cinéma.

Il y a eu une ellipse, au sens propre comme au figuré, assez sensationnelle entre 28 jours plus tard et 28 ans plus tard. Danny Boyle et Alex Garland ont pris leur temps pour imaginer une suite de leur univers, centré sur un virus ravageur. Et voilà que, paradoxalement, on se retrouve aujourd’hui avec deux nouveaux épisodes en quelques mois. Après 28 ans plus tard, véritable (re)tour de force, on nous propose donc sa suite directe, intitulée 28 ans plus tard : Le Temple des Morts, et qui sortira le 14 janvier 2026 au cinéma, avec l’ambition d’aboutir à une trilogie complète.

Derrière la caméra — et non pas un iPhone –, on retrouve Nia DaCosta (Candyman, The Marvels). La talentueuse réalisatrice prend la place de Danny Boyle pour apporter sa vision, toujours à partir d’un script signé Alex Garland. Il s’agit d’une continuité des événements de 28 ans plus tard, qui se termine sur un cliffhanger articulé autour d’un personnage prénommé Jimmy Crystal (le brillant et flippant Jack O’Connell). Gore, viscéral, violent, 28 ans plus tard : Le Temple des Morts prend de la hauteur et continue de parfaire la philosophie voulue par les anciens films : à savoir que les monstres sont d’abord humains.

Deux mondes s’affrontent, deux extrêmes dans un océan de cauchemars

Enrobé dans un tournage à l’iPhone, 28 ans plus tard prenait la forme d’une course-poursuite avec le temps, sous le prisme d’un enfant désireux de sauver sa mère, dans un monde où il n’y a pourtant plus grand-chose à sauver (pas même des souvenirs lointains). 28 ans plus tard : Le Temple des Morts ne fait pas dans la redite.

Alex Garland prend plaisir à reculer pour confronter deux mondes, et autant de visions qui s’opposent : la science, qui isole mais sauve, et la religion, qui rassemble mais détruit. Autant d’espoirs auxquels l’humanité s’accroche comme elle peut, alors que la mort guette sans cesse. Autant de branches fragiles sur lesquelles chacun sera libre de se poser.

28 Ans Plus Tard : Le Temple Des Morts // Source : CTMG, Inc.
Jimmy Crystal, gouru sataniste en survét // Source : CTMG, Inc.

28 ans plus tard : Le Temple des Morts se nourrit alors de cette guerre des idées et des approches pour montrer comment on peut tenter de survivre, quand passer une tête dehors peut tuer et quand la vie n’est que chaos. Alex Garland fantasme volontairement sur des extrêmes, car c’est là que se dirigent les âmes en peine.

D’un côté, il y a Jimmy Crystal, gourou sataniste ravagé qui fait des ravages avec sa bande d’allumés biberonnés aux Teletubbies et qui se prennent pour les Power Rangers. De l’autre, le docteur Ian Kelson, en mal de compagnie et à deux doigts de virer savant fou au contact d’un infecté alpha, qu’il pense être en mesure de sauver. L’un, traumatisé, en quête d’un Père, l’autre d’un Fils, ou de l’idée que l’on pourrait se faire d’un héritage à laisser dans un océan de cauchemars.

Une brutalité sans concession, qui n’épargne rien ni personne

Attention à votre estomac si vous allez voir 28 ans plus tard : Le Temple des Morts

Nia DaCosta n’a pas fait le choix de tourner 28 ans plus tard : Le Temple des Morts exclusivement à l’iPhone. Pour 28 ans plus tard, Danny Boyle a assumé cette direction, discutable sur certains points (en raison des limites techniques du smartphone d’Apple), pour donner un aspect plus brut à l’image, lorgnant du côté du documenteur. C’était finalement raccord avec le récit à hauteur d’homme, au cœur de l’action et du quotidien.

Plus philosophique et davantage dans la réflexion, 28 ans plus tard : Le Temple des Morts revient à une forme classique, avec des scènes figées à tomber à la renverse (notamment ceux sur l’ossuaire bâti par Ian Kelson). La plongée dans la violence n’en est que plus belle et palpable, presque écœurante. Nia DaCosta sublime vraiment le Mal, et offre moins un pur film de zombies, comme on en a vu 100 fois, qu’une fable sur ce qu’il se passe réellement après l’apocalypse.

28 Ans Plus Tard : Le Temple Des Morts // Source : CTMG, Inc.
Ian Kelson fait son retour dans 28 ans plus tard : Le Temple Des Morts // Source : CTMG, Inc.

Misant tout à la fois sur des plans bien travaillés, parfois même contemplatifs, et sur une science du cadre toujours un peu haché, pour matérialiser l’urgence, 28 ans plus tard : Le Temple des Morts est oppressant à souhait. Il est d’une brutalité sans concession, qui n’épargne rien ni personne. Qu’importe votre âge, qu’importe votre genre, qu’importe votre couleur de peau, l’évidente fatalité cogne et il ne reste plus rien quand on se retourne, sinon un spectacle de désolation.

On soulignera par ailleurs l’incroyable montage sonore, qui fait cohabiter les pires bruits pour se sentir acculés avec de vieux tubes pop, symboles d’une Humanité déchue qui se retrouve, un peu, dans ce qu’elle a de plus ringard. 28 ans plus tard : Le Temple des Morts n’est finalement qu’une succession de dualités rappelant que l’absence d’espoir, indépendamment de sa forme et de ses conséquences, est bien pire qu’une épidémie. Le film retourne l’estomac, tout en nourrissant le cerveau.

Le verdict

28 Ans Plus Tard : Le Temple Des Morts // Source : CTMG, Inc.
8/10

28 ans plus tard : Le Temple des Morts

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Suite directe de 28 ans plus tard, 28 ans plus tard : Le Temple Des Morts poursuit à sa manière, et sans rien trahir, le dessin de l’univers imaginé par Alex Garland et Danny Boyle. Nia DaCosta y apporte sa vision un peu plus philosophique et contemplative, aboutissant à un pas de côté qui s’intéresse moins aux causes qu’aux conséquences. Sublimant la violence avec une poésie macabre déroutante, à quelques encablures de l’insoutenable, 28 ans plus tard : Le Temple Des Morts prouve que le retour des infectés de cet univers vaut réellement le détour. Quand bien même il faut avoir l’estomac bien accroché.
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