À la suite de l’annonce du déréférencement français de Wish, le site a réagi et annonce répliquer avec un recours juridique visant la DGCCRF. La répression des fraudes reste confiante dans son jugement.

La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a frappé un grand coup, le mercredi 24 novembre 2021 au matin, en demandant le déréférencement du site Wish. Le site réputé pour sa pléthore de produits à très bas prix va, dès la semaine prochaine, être supprimé des moteurs de recherche et des magasins d’application Android et iOS.

La répression des fraudes reproche au site de commercialiser des produits non conformes, ou même parfois dangereux pour le consommateur, et de ne pas agir de manière suffisamment efficace pour s’assurer que les produits retirés une première fois du site ne réapparaissent pas une poignée de jours après un signalement.

Wish va lancer un recours juridique

Le site ne sera pas entièrement bloqué, il reste possible d’accéder à Wish en tapant l’URL dans son navigateur ou en suivant un lien partagé sur les réseaux sociaux, mais plus aucun produit ne devrait remonter dans les résultats de recherche Google, Bing, ou DuckDuckGo. Cela concerne aussi le référencement « payant », à savoir les publicités achetées par Wish sur Google ou d’autres moteurs de recherche. Un coup dur pour la plateforme créée par un ancien ingénieur de chez Google.

Quelques heures après le coup de massue de la DGCCRF, Wish a tenu à se défendre. « Wish se conforme toujours aux demandes de retrait de la DGCCRF et est, par conséquent, perplexe face à l’approche excessive à l’égard de cette question […] Nous entamons maintenant un recours juridique pour contester ce que nous considérons comme une action illégale et disproportionnée menée par la DGCCRF », a indiqué l’entreprise dans un communiqué que Numerama a reçu par mail.

De nombreux objets vendus par Wish sont jugés comme « dangereux » par la DGCCRF // Source : Wish

Mais l’argument a du mal à passer pour la DGCCRF. Joint par Numerama, l’organisme explique que « la politique de retrait-rappel qu’applique Wish n’est pas suffisante. Dans plus de la moitié des cas, ces objets réapparaissent. » Pire, selon les autorités l’entreprise « ne joue pas son pôle sur les problématiques de sécurité » et n’est pas assez précise « sur le courrier qui devrait préciser les motifs de la dangerosité d’un produit ». Lors d’une opération de rappel, il est effectivement essentiel d’informer clairement le consommateur sur les risques que présente un produit, et de rendre son retour le plus facile possible. Ce que ne fait pas Wish, selon la DGCCRF.

Wish est-il distributeur ou hébergeur ?

La problématique autour du cas Wish se joue en réalité autour de la différence entre un hébergeur et un distributeur. Le premier statut oblige à supprimer les produits de sa plateforme après un signalement, mais n’oblige pas à effectuer des tests sur tous les produits vendus. Le second arrive avec bien plus de responsabilités. Et c’est sur cette distinction que Wish et la DGGCRF ne sont pas d’accord.

« En tant que plateforme de marché, nous n’avons aucune obligation légale d’effectuer des contrôles sur les 150 millions de produits proposés à la vente sur notre site web », indique Wish dans son communiqué. Pour l’entreprise, il est donc clair que son statut d’hébergeur la protège. Pour la DGCCRF, c’est une autre histoire. « Au vu des pratiques, nous considérons que Wish agit comme distributeur », indique la répression des fraudes à Numerama. « Wish intervient en amont lors de la gestion du contrat et en aval lors de la phase de SAV », ce qui est la preuve que le site n’est pas un simple hébergeur, explique la DGCCRF. La plateforme ne se contente pas de mettre des internautes et des marques en contact, mais est impliquée dans la mise à disposition et le retour des produits selon l’administration française.

Pour la répression des fraudes, le faisceau d’indices est donc suffisant pour taper légitimement sur les doigts de Wish. De son côté, Wish affirme faire plus d’efforts que nécessaire avec « un certain nombre de mécanismes conçus pour prévenir, détecter et supprimer les inscriptions qui violent toute loi ou norme de sécurité locale ». L’affaire se réglera donc devant la justice. Se refusant à faire un commentaire sur la réponse de Wish, un responsable de la DGCCRF conclut juste en indiquant que «  nous sommes soucieux de la sécurité des consommateurs ».

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