Le groupe d'experts de haut niveau mis en place par la Commission européenne pour plancher sur l'éthique de l'intelligence artificielle publie une première version de ses lignes directrices.

Les travaux du groupe d’experts de haut niveau sur l’intelligence artificielle, qui a été installé peu avant l’été, ont bien avancé. Suffisamment, en tout cas, pour partager le premier brouillon de ses lignes directrices, qui doivent guider le développement de l’IA de manière à tenir compte des enjeux éthiques et sociétaux. La publication de la version définitive de ses recommandations est prévue pour mars 2019.

La diffusion de ce premier jet est surtout l’occasion pour ces spécialistes, au nombre de 52, de collecter des commentaires. Les contributions peuvent être soumises par quiconque jusqu’au 18 janvier 2019. Celles-ci seront prises en compte et intégrées dans le document qui sera remis à la Commission européenne. Cette dernière devra alors déterminer les suites politiques et juridiques à lui donner.

Ethique IA
Concilier le développement de l’IA avec les valeurs européennes. // Source : Commission européenne

Des lignes directrices sur l’éthique

Le document se concentre sur la nécessité de faire une IA respectueuse des droits fondamentaux, des principes et des valeurs, sur la manière de concevoir une IA digne de confiance et sur la façon d’évaluer sa fiabilité. Il n’est pas question ici de traiter de la régulation en tant que telle : cet aspect doit être traité dans un autre document, qui doit être remis en mai 2019.

« Il est important de noter que ces lignes directrices n’ont pas pour but de se substituer à toute forme d’élaboration de politique ou de réglementation (qui sera traitée dans le deuxième document : les recommandations en matière de politique et d’investissement, qui doivent être présentées en mai 2019), ni d’en dissuader l’adoption », écrivent ainsi les rédacteurs.

« L’emploi de l’IA doit toujours être aligné sur nos valeurs et respecter les droits fondamentaux  »

Ces derniers ajoutent que ce document ne doit pas rester figé dans le temps. « Les lignes directrices doivent être considérées comme un document évolutif qui doit être régulièrement mis à jour au fil du temps afin d’assurer une pertinence continue à mesure que la technologie et nos connaissances sur le sujet évoluent. Ce document devrait donc être un point de départ » de l’IA à l’européenne.

Réagissant à cette première étape, Mariya Gabriel, la commissaire chargée de la politique numérique, a justement rappelé que « l’emploi de l’IA, comme l’utilisation de toutes les autres technologies, doit toujours être aligné sur nos valeurs fondamentales et respecter les droits fondamentaux. L’objectif des lignes directrices en matière d’éthique est de s’en assurer dans la pratique ».

droits fondamentaux
Les droits fondamentaux dans l’Union européenne. // Source : Jean-Etienne Minh-Duy Poirrier

52 experts de différents horizons

Au sein de ce groupe d’experts de haut niveau, on trouve des employés de grandes entreprises (Axa, Bayer, Bosch, BMW, Google, IBM, Nokia Bell Labs, Orange, SAP, Skype, etc.), des professeurs d’université (de la Sorbonne, de Vienne, d’Oxford, de Delft, etc.), des consultants, des membres d’organisations professionnelles, des juristes ainsi que des groupes de défense et des représentants de la société civile.

Ainsi, l’on peut noter la participation du Bureau européen des unions de consommateurs (dont fait partie l’association française UFC-Que choisir), de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, de l’ONG Access Now, de l’ancien secrétaire général du Conseil national du numérique et de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique.

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