Pour en découdre avec les campagnes de désinformation, particulièrement invasives lors de grands moments politiques, le réseau social bloque la création de plusieurs millions de faux profils par jour.

Tout utilisateur de Facebook vous le dira : les faux comptes pullulent sur le réseau social. Pour lutter contre ce fléau, la firme attaque le mal à la racine et bloque désormais de façon préventive la création de plusieurs millions de faux comptes par jour. Une mesure drastique révélée lors d’une conférence de presse avec des journalistes, menée par Alex Stamos, chef de la sécurité.

Si l’homme est possiblement sur le départ — il a récemment exprimé des désaccords internes sur l’attitude de Facebook face à la propagation de fausses nouvelles–, il a affirmé être pleinement investi dans cette nouvelle chasse aux faux comptes. « Nous essayons d’élaborer une approche systématique et globale pour relever ces défis, puis d’adapter cette approche aux besoins de chaque pays  », a-t-il ainsi déclaré.

En finir avec les fake news

Le but étant, in fine, de lutter contre les fake news, tant les faux comptes servent à alimenter les campagnes de désinformation, plus particulièrement lors de forts moments politiques. « Nous avons pu le faire grâce aux progrès de l’apprentissage automatique, ce qui nous a permis de trouver des comportements suspects – sans évaluer le contenu lui-même », explique Samidh Chakrabarti, chef de produit de la plateforme.

Ce dernier a d’abord rodé l’outil d’apprentissage automatique en décembre dernier, lors de l’élection sénatoriale en Alabama. Le système proactif y a identifié et fermé un groupe de spammeurs macédoniens qui profitait des élections pour gagner de l’argent.

Vérifier les photos et vidéos

Outre cette chasse aux faux comptes, Facebook a fait le point sur les fausses informations partagées par le biais des différentes publications. Et affirme être sur une bonne lancée. « Nous constatons des progrès dans notre capacité à limiter la diffusion d’articles jugés faux par les vérificateurs de faits, et nous intensifions nos efforts », précise Tessa Lyons, cheffe de produit chargée de la bonne santé du fil d’actualités.

Actuellement, Facebook utilise les alertes lancées par les internautes pour déterminer quels articles semblent trompeurs afin que ces derniers soient ensuite évalués par les vérificateurs de faits. Si un article est jugé comme faux, la plateforme diminuera de facto sa distribution sur le fil d’actualité de 80 %.

Mais en matière de fact-checking, le réseau social ne se limite plus aux articles, et s’attaque désormais aussi aux photos et vidéos. « Nous vérifions les photos et les vidéos, en plus des liens. Nous commençons en France avec l’AFP et allons bientôt évoluer vers plus de pays et de partenaires », a annoncé Tessa Lyons.

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