Après avoir donné l’impression de renoncer à reculons à la censure de la photographie historique de la petite fille brûlée au napalm, Facebook admet plus franchement avoir fait une erreur de jugement.

Finalement, Facebook admet qu’il n’y avait pas de bonne raison de supprimer du réseau social la photo de la petite fille au napalm prise en 1972 par Nick Ut, récompensée d’un Prix Pulitzer. Dans un premier temps, la firme de Mark Zuckerberg avait assumé sa décision de censurer la photographie emblématique de la guerre du Vietnam, au nom de sa règle qui interdit toute photo d’enfants nus sur Facebook. Il avait toutefois dû faire demi-tour quelques heures plus tard, après que même la Première ministre de Norvège s’est faite supprimer un post qui dénonçait la censure.

Sur le coup, Facebook n’avait montré aucun regret, et fait comprendre assez clairement que c’était à contre-cœur qu’il acceptait de faire une exception pour cette photo connue du monde entier depuis plus de 40 ans. « Parce que son statut est celle d’une image iconique d’importance historique, la valeur que cela a d’autoriser son partage dépasse la valeur que cela a de protéger la communauté par sa suppression, donc nous avons décidé de réinstaurer l’image sur Facebook là où nous savons qu’elle a été supprimée », avait froidement expliqué le réseau social.

Sentant que l’explication ne suffirait pas, la directrice des opérations de Facebook Sheryl Sandberg a pris son clavier pour écrire personnellement à Erna Solberg, la Première ministre norvégienne victime de la censure. Cette fois-ci, l’admission d’une erreur est plus nette. « Ce sont des décisions difficiles et nous n’avons pas toujours raison »,

La Norvège possède 0,52 % de Facebook

« Même avec des standards clairs, scruter des millions de posts au cas par cas chaque semaine est un défi difficile », ajoute-t-elle. « Néanmoins, nous voulons faire mieux. Nous écoutons notre communauté et nous évoluons. Merci de nous avoir aidé à faire mieux ici ».

Comme le note l’agence Reuters, le soin pris à écrire personnellement à la Première ministre de Norvège n’est peut-être pas seulement diplomatique. Le fonds souverain de Norvège possède en effet 0,52 % de Facebook, soit environ 1,54 milliard de dollars d’actions.

Mme Solberg s’est dite satisfaite par la réponse de Facebook. « Ça montre que ça vaut le coup d’utiliser sa voix pour dire  »nous voulons du changement » », a-t-elle réagi.

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