L’éditeur de League of Legends et de Valorant, qui avait été attaqué par des employées, va leur verser des compensations. Les faits de discriminations sexistes et de harcèlement au sein de Riot Games avaient été dénoncés dès 2018.

Des millions de dollars de dommages et intérêts : c’est ce que Riot Games s’apprête à payer à plus de 1 500 femmes. Le développeur, qui était attaqué par un groupe d’employées actuelles et anciennes pour des faits de discriminations sexistes et de harcèlement, a finalement choisi de passer un accord avec les victimes. Le settlement de 100 millions de dollars a été passé en juillet 2022.

C’est désormais à Riot de mettre la main au portefeuille — et d’après Axios, le 8 mai 2023, l’entreprise vient de commencer à verser les paiements. L’accord passé avec les victimes prévoit un versement de plusieurs milliers de dollars par personne, une victoire importante pour les victimes, et plus globalement, pour tous les travailleurs du secteur des jeux vidéo.

100 millions de dollars pour mettre fin au procès

L’accord conclu entre les parties prévoit que Riot doit verser un paiement initial, compris entre 2 500 et 5 000 dollars aux femmes employées par la compagnie entre novembre 2014 et décembre 2021. L’accord prévoit des paiements additionnels, jusqu’à 40 000 dollars, en fonction du statut des salariées.

Le paiement arrive des années après le début des procédures judiciaires. La plainte avait été déposée en 2018 par une employée et une ancienne salariée de Riot Games, qui dénonçaient toutes les deux des faits de discriminations sexistes, du harcèlement sexuel et des inégalités salariales au sein de l’entreprise.

Une enquête publiée en août 2018 révélait l'existence d'une culture du sexisme dans le studio de développement Riot Games. // Source : Wikimedia/CC/Chris Yunker
Une enquête publiée en août 2018 révélait l’existence d’une culture du sexisme dans le studio de développement Riot Games. // Source : Wikimedia/CC/Chris Yunker

La plainte avait été déposée quelques mois après une longue enquête de Kotaku, dans laquelle le média révélait l’étendue de la « culture du sexisme » dans les studios. Le journal dévoilait ainsi que les méthodes de recrutement de l’entreprise favorisaient davantage les hommes que les femmes, et qu’ils étaient plus écoutés lors de meetings et de réunions de groupe. En plus des discriminations, les témoins de l’enquête dénonçaient surtout des faits de harcèlement sexuel et des comportements très déplacés : il était notamment question d’une chaîne de mails, dans laquelle des hommes auraient débattu de comment une de leurs collègues pourrait « être pénétrée ».

Après le dépôt de plainte en 2018, l’entreprise et les plaignantes avaient trouvé un premier accord en 2019, d’une hauteur de 10 millions de dollars de dommages et intérêts. Cependant, l’État de Californie, où se déroulait le procès, s’était opposé à l’accord, l’estimant trop bas. Le nouvel arrangement, montant cette fois à 100 millions de dollars, a été trouvé en juillet 2022, mais nécessitait encore l’accord des juges. C’est maintenant chose faite.


Vous voulez tout savoir sur la mobilité de demain, des voitures électriques aux VAE ? Abonnez-vous dès maintenant à notre newsletter Watt Else !