Présenté comme un texte permettant de lutter contre le piratage, le projet de loi Création et Internet vise surtout à faire intaller sur les ordinateurs des particuliers un « logiciel de sécurisation » qui sera labellisé par l’Etat, via l’Hadopi. Son installation sera optionelle mais sa mise en route sera, concrètement, le seul moyen pour un internaute de s’exonérer de responsabilité au cas où son adresse IP apparaît sur des relevés d’infraction. On ne sait pour le moment pas grand chose de ce logiciel, si ce n’est qu’il devra bloquer la possibilité de télécharger des contenus contrefaits. Et demain, qui sait, de bloquer l’accès à des sites qui, sous un prétexte ou un autre, dérangent le pouvoir en place.

La Chine, elle aussi, nourrit la même ambition. Elle y va encore plus fort. Ne misant pas trop sur la bonne volonté des Chinois d’installer eux-mêmes le logiciel de sécurisation, les autorité ont décidé de rendre obligatoire son installation par les vendeurs d’ordinateurs. A compter du 1er juillet prochain, tous les PC vendus en Chine devront être prééquipés du logiciel Green Dam-Youth Escort, développé pour l’Etat par la société Jinhui Computer System Engineering et des Universités.

Là aussi, on ne sait pour le moment pas grand chose de ce logiciel. Se contentera-t-il de bloquer l’accès aux sites dont la liste sera envoyée par les autorités chinoises, ou renverra-t-il également des données sur l’utilisation que font les Chinois de leur connexion à Internet ?

Officiellement, comme pour la Loppsi en France, il s’agit de lutter contre la pédopornographie et de protéger les enfants, qui pourraient tomber sur des contenus « nocifs » au développement de leur intégrité psychologique. Mais il n’est pas exclu que Wikipedia, YouTube, Twitter ou Facebook se trouvent bloqués, comme c’est souvent ordonné lors d’évènement sensibles. Par exemple lors de la commémoration des évènements de Tien Anmen.

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