La deadline est donc passée sans accord.
Pendant 72 heures, Anthropic, l’entreprise derrière le modèle d’IA Claude, a tenu tête au département de la Défense américain en refusant de lever deux restrictions qu’elle juge non négociables : la surveillance de masse des citoyens américains et le recours aux armes entièrement autonomes.
Une ligne rouge que le Pentagone, qui avait pourtant accepté ces conditions en signant un contrat de 200 millions de dollars en 2025, n’était plus disposé à tolérer. Le secrétaire Pete Hegseth avait posé un ultimatum clair : céder avant le vendredi 28 février à 17h01, heure de la côte Est.
C’est finalement Donald Trump lui-même qui a tranché sur son propre réseau Truth Social, avant même que l’ultimatum expire officiellement : « J’ordonne à TOUTES les agences fédérales du gouvernement américain de CESSER IMMÉDIATEMENT toute utilisation de la technologie d’Anthropic. Nous n’en avons pas besoin, nous n’en voulons pas, et nous ne travaillerons plus jamais avec eux. »


Anthropic désignée comme « risque pour la chaîne d’approvisionnement »
Dans son message, le président américain précise qu’un délai de six mois est accordé pour la transition, notamment au Pentagone, qui doit désentrelacer Claude de ses systèmes classifiés. Il appelle également Anthropic à coopérer durant cette période, au risque d’engager « le plein pouvoir de la présidence » pour forcer la conformité.
Un ton menaçant, repris par le Secrétaire à la Défense Pete Hegseth, qui a annoncé dans la foulée une mesure encore plus lourde : la désignation d’Anthropic comme « risque pour la chaîne d’approvisionnement en matière de sécurité nationale ».
Une étiquette habituellement réservée aux entreprises perçues comme des extensions de puissances étrangères, à l’image du géant chinois Huawei.
Concrètement, cette décision implique qu’aucun contractant, fournisseur ou partenaire travaillant avec l’armée américaine ne peut plus faire affaire avec Anthropic.
L’entreprise dirigée par Dario Amodei a immédiatement répondu, contestant la portée légale de la déclaration d’Hegseth. L’entreprise affirme que le secrétaire ne dispose pas du pouvoir légal pour interdire à l’ensemble des contractants militaires de travailler avec elle et annonce qu’elle contestera toute désignation officielle devant les tribunaux.
OpenAI en embuscade
Dernier rebondissement dans cette affaire.
Sam Altman, le patron d’OpenAI, concurrent direct et ancien employeur de Dario Amodei, annonce que son entreprise récupère le contrat entre les forces armées américaines et Anthropic.
Dans un post publié sur X, Sam Altman affirme avoir obtenu du Pentagone un accord écrit reflétant les mêmes lignes rouges qu’Anthropic défendait : interdiction de la surveillance de masse domestique et responsabilité humaine dans le recours à la force, y compris pour les armes autonomes.
Sam Altman appelle par ailleurs à une désescalade de la situation, et dit espérer que ces mêmes termes soient désormais proposés à l’ensemble des entreprises d’IA, afin que le conflit qui a éclaté cette semaine ne se reproduise plus.
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