Le 6 avril 2026, une vidéo apparue sur X a captivé les observateurs des cybermenaces qui pèsent sur les entreprises occidentales. On y voit un recruteur américain piéger un faux développeur nord-coréen avec une simple phrase à répéter.

« Kim Jong-un is a fat ugly pig », voici la phrase qui aurait permis à un recruteur américain de débusquer un candidat imposteur en entretien vidéo. C’est en tout cas ce que montre la vidéo publiée le 6 avril 2026 par @tanuki42_, qui se présente sur X comme un enquêteur indépendant sur la blockchain. Le clip, d’environ 1 minute 20, doit sa viralité non seulement au caractère provocateur de la phrase, mais aussi au contexte dans lequel il circule.

Les entreprises occidentales font face depuis plusieurs années à une menace constante : celle de recruter, sans le savoir, un développeur nord-coréen opérant sous fausse identité. Ces travailleurs clandestins ont infiltré des centaines de startups, de PME et même des sociétés du Fortune 500, cachant leurs origines derrière des CV impeccables et des profils GitHub méticuleusement construits.

Leur méthode est rodée : ils ciblent surtout les postes en full remote, s’appuient sur des « laptop farms » hébergées par des relais locaux, et utilisent deepfakes et outils d’IA pour passer les entretiens vidéo.

1 minute et 20 secondes de malaise

« Pouvez-vous répéter après moi ? » demande le recruteur au candidat à la trentième seconde de l’extrait, afin de tester sa réaction. Une question cavalière, certes, mais qui aura suffi à démasquer le profil : l’interlocuteur reste figé devant son écran, incapable de répéter l’insulte. Visiblement mal à l’aise, il prétend d’abord ne pas avoir compris, puis quitte purement et simplement l’entretien.

La technique n’est pourtant pas nouvelle. Dès avril 2025, Fortune relayait celle de Harrison Leggio, cofondateur de la plateforme crypto g8keep, qui demandait déjà aux candidats suspects de formuler un commentaire négatif sur Kim Jong-un avant même de fixer un entretien vidéo. Il s’agit d’une forme d’ingénierie sociale retournée contre les agents nord-coréens : dans un régime où les citoyens sont élevés dans le culte du « leader suprême », insulter Kim Jong-un peut avoir des conséquences sévères, y compris pour leur entourage resté en Corée du Nord.

La méthode n’est toutefois pas infaillible à 100 %. Certains IT workers nord-coréens, notamment ceux basés en Chine ou en Russie, opèrent sous une surveillance moins directe que leurs homologues restés à l’intérieur des frontières nord-coréennes et pourraient, en théorie, accepter de jouer le jeu, du moins à l’oral.

Des techniques qui évoluent sans cesse

Cette vidéo est en tout cas une nouvelle preuve que les entretiens sont devenus l’un des points de contact les plus vulnérables du processus de recrutement, et un risque réel pour les équipes RH qui ne s’y préparent pas. Les techniques pour débusquer les imposteurs évoluent aussi vite que les technologies de deepfake progressent.

Fin mars 2026, une autre vidéo avait circulé sur les réseaux, montrant qu’un filtre deepfake pouvait être mis en défaut en demandant simplement au candidat de placer ses doigts devant son visage : le rendu visuel révèle alors les artefacts du filtre. Mais cette méthode a ses limites. Certains experts estiment qu’elle n’est plus systématiquement suffisante face aux outils les plus récents, capables de lisser ces incohérences en temps réel. D’autres recommandent dès lors de pousser le candidat à interagir au maximum avec son environnement physique, bouger, changer d’angle, montrer la pièce, afin d’exposer les failles du rendu.

Insulter Kim Jong-un s’impose désormais comme une option complémentaire, spécifiquement calibrée contre les profils nord-coréens.

Enfin, une recommandation fait consensus parmi les professionnels de la cybersécurité : après une embauche, exiger la présence physique du nouveau collaborateur sur site la première semaine, y compris et surtout pour un poste pensé comme 100 % télétravail.

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