« Ancien hacker sur le chemin de la rédemption », ainsi débute la bio LinkedIn d’Ilya Lichtenstein.
Si ce nom vous dit quelque chose, c’est normal : cet homme de 38 ans a été jugé pour avoir orchestré le piratage de la plateforme Bitfinex en 2016 et d’avoir blanchi, avec sa femme Heather Morgan, près de 120 000 bitcoins volés, soit près de 10 milliards d’euros.
Arrêté en 2022, le couple avait alors plaidé coupable et bénéficié d’une libération anticipée après sa coopération avec les autorités.
Sorti de prison en janvier 2026, Ilya Lichtenstein souhaite désormais reconstruire sa vie, ce qui passera nécessairement par le fait de retrouver du travail. Onze ans après sa dernière publication, il a ainsi repris la main sur son compte LinkedIn pour attirer l’attention de potentiels recruteurs.



« Il y a dix ans, j’ai décidé de pirater la plus grande plateforme de cryptomonnaies au monde »
Transparent sur son parcours et la singularité de son profil, Ilya Lichtenstein débute justement son article de blog en expliquant les raisons qui l’ont poussé à l’époque à entreprendre le piratage de Bitfinex :
« En 2016, j’étais le fondateur d’une startup en difficulté. » explique-t-il « Après cinq ans de nuits blanches et de week-ends passés voûté sur mon bureau, ma startup faisait à peine ses frais. Notre croissance était trop lente pour effectuer une nouvelle levée de fonds, et je me sentais assiégé de tous côtés, passant d’un incendie à l’autre. »
Une situation qui a poussé cet ancien CTO d’une start-up new-yorkaise à analyser minutieusement l’infrastructure informatique de sa cible.
« J’ai cartographié leur réseau et analysé leur architecture. Il ne m’a pas fallu longtemps pour voir la brèche. (…) Par une chaude nuit d’août à San Francisco, j’ai appuyé sur le bouton, lancé une série de scripts soigneusement conçus et initié la transaction. J’avais transféré 119 700 bitcoins vers mon propre portefeuille. »
Des atouts à faire valoir
Celui qui explique n’avoir jamais été particulièrement intéressé par l’argent mais plutôt par « les défis techniques » affirme aujourd’hui vouloir passer de l’autre côté en endossant le rôle de « white hat ».
« Je veux travailler en cybersécurité. Je pense comme un adversaire. J’ai été un adversaire. Maintenant, je peux utiliser ces mêmes compétences pour empêcher le prochain piratage à un milliard de dollars. »
La situation juridique d’Ilya Lichtenstein, encore sous surveillance et assigné à résidence, pourrait rebuter certains employeurs, mais son profil très atypique en attirera d’autres.
Ce genre de reconversion n’est d’ailleurs pas inédit : l’exemple le plus connu reste celui de Kevin Mitnick, célèbre hacker des années 80–90, condamné pour de nombreux piratages, qui avait ensuite fondé sa propre société de conseil, travaillé comme pentester et conférencier en sécurité, avant son décès en 2023.
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