Apple intervient pour réguler l'usage des pochettes surprises (loot boxes). Désormais, les applications doivent indiquer avant l'achat les chances de succès pour obtenir les items désirés.

Dorénavant, les personnes qui achètent des caisses de butin aléatoire (loot boxes en anglais) dans une application iOS sauront à l’avance — c’est-à-dire avant l’achat — quelle est la probabilité d’obtention de chaque objet (cosmétique ou donnant droit à un avantage concret en jeu) se trouvant à l’intérieur de ces coffres.

Comme le signale Polygon, Apple exige désormais une transparence accrue dans les mécaniques des caisses aléatoires. Dans son guide détaillant ce qu’il convient de faire pour avoir le droit de figurer sur l’App Store, la firme de Cupertino a ajouté une nouvelle règle à la rubrique des achats intégrés dans une application :

La firme de Cupertino écrit ainsi que « les applications offrant des ‘boîtes de butin’ ou d’autres mécanismes qui fournissent des objets virtuels aléatoires contre un achat doivent divulguer aux clients les chances de recevoir chaque type d’objet avant le paiement  ».

La modification des règles de publication sur l’App Store arrive alors que le sujet des loot boxes, qui fonctionnent en fait comme des pochettes surprises, a attiré ces dernières semaines l’attention de plusieurs autorités de régulation, notamment en Chine, aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Belgique.

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CC Beni Krausz

Un problème posé aussi en France

La France aussi est concernée : mi-novembre, un sénateur a adressé un courrier à l’autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) pour l’informer de l’existence de cette mécanique qui est en plein essor, notamment dans le secteur du jeu vidéo et discuter de « l’opportunité qu’il y aurait à assurer une protection des consommateurs en la matière ».

La réponse du président de l’Arjel est arrivée quelques jours plus tard. Dans sa missive, Charles Coppolani écrit que « le phénomène des loot boxes qui tendent à se généraliser dans les jeux vidéo me préoccupe […]. Il tend en effet à introduire dans cette activité ludique ouverte à tous, une dimension financière qui […], présente des risques pour nos concitoyens et notamment pour les plus jeunes ».

Ce système « revient à introduire un jeu payant de loterie dans un jeu vidéo […] C’est aussi une dérive par rapport aux pratiques habituelles du pay to win : le joueur sait précisément ce qu’il achète et peut ainsi disposer d’une meilleure maîtrise de ses dépenses » ajoutait-il. Dans un autre courrier, cette fois adressé à l’UFC-Que Choisir, le président de l’Arjel pointait un problème d’accès au « tableau des gains associés aux loot boxes »

Crédit photo de la une : Beni Krausz

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