Amazon a obtenu un brevet dans lequel il décrit une méthode conduisant à la dislocation d'un drone de livraison si une perturbation de son fonctionnement en vol est détectée.

C’est la hantise absolue de toutes les entreprises qui veulent proposer un service de livraison par drone : la chute d’un de ces engins volants sur un passant. Ce serait désastreux pour le développement de ce secteur encore balbutiant : pas au point de lui porter un coup fatal, mais un incident de cette nature pourrait provoquer un coup d’arrêt, surtout si ces accidents se multiplient.

À ce risque, qui pourrait entraîner la mort (il faut imaginer les effets d’une chute d’un drone situé à plusieurs dizaines de mètres d’altitude et pesant plusieurs kilos sur le crâne d’un pauvre bougre), la réponse classique est d’inclure au niveau du drone un parachute qui s’ouvrirait sur demande de l’opérateur ou automatiquement, si une défaillance est détectée (les rotors ne fonctionnent plus, par exemple).

Un prototype de drone Prime Air.

Amazon a toutefois imaginé une approche plus originale dans un brevet obtenu le 28 novembre. Celui-ci présente une méthode consistant à désunir le drone en cas de perturbation du fonctionnement en vol. L’idée n’est pas tant de le faire exploser que de déclencher une séquence qui aboutira à la dislocation de l’aéronef en le séparant en plusieurs pièces, afin de limiter la casse au sol.

Dans le schéma présenté par Amazon, la désagrégation se fait progressivement avec des éléments qui sont largués au fur et à mesure. Le colis est le premier élément à être éjecté en plein vol. Ensuite, c’est la structure même de l’engin qui est concernée, comme le bloc moteur ou les pales. Bien sûr, Amazon imagine s’en débarrasser au-dessus de lieux ou il n’y a personne ou presque, par exemple au niveau d’un lac.

amazon-prime-air-brevet

Cela dit, entre ce qui est imaginé en théorie et ce qui peut se produire en pratique, il y a parfois un monde. L’urgence pourrait commander de séparer d’un coup ou presque tous les éléments détachables du drone sans avoir la possibilité de répartir les débris sur plusieurs zones. Autrement dit, il pourrait y avoir une chute de plusieurs pièces de drone sur un endroit relativement restreint voire très localisé.

Par ailleurs, le risque demeure de heurter un passant avec un bout d’aéronef même dans des endroits peu densément peuplés (ces drones ayant vocation à livrer des biens, ils fonctionnent de fait à proximité d’habitations même s’ils peuvent traverser des lieux relativement déserts durant leur trajet). Cette probabilité sera plus importante encore si le vol en ville est autorisé ou élargi.

Reste que dans cette situation, il vaut sans doute mieux être percuté par une hélice ou même le colis — la charge actuelle que gèrent ces drones ne dépasse pas 2,25 kg — que par un drone entier. Il ne s’agit pas de dire que le choc sera bénin (se prendre un projectile de 2,25 kg peut causer de graves lésions), mais c’est préférable à une collision avec un drone complet, dont le poids peut grimper, en tout cas pour les prototypes mis en œuvre par Amazon, jusqu’à 24 kg.

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