Volkswagen avait vu son image ternie par cette affaire de tricherie aux tests d'émission de CO2 de ses véhicules. Aujourd'hui, une équipe de chercheurs en informatique a trouvé le code qui a justement servi à truquer ces fameuses évaluations environnementales.

L’histoire des émissions de CO2 dans le cadre de tests environnementaux truquées  par Volkswagen colle à la peau de la marque. Cette affaire a donné suite à une enquête de près d’un an pour trouver l’origine de ce trucage, reconnu à demi mots par la marque allemande. Les résultats ont été diffusés il y a quelques jours, lors du 38e congrès de l’Institut des Ingénieurs Électriciens et Électroniciens (IEEE) sur la sécurité et la vie privée à San Francisco.

L’équipe de recherche, menée par Kirill Levchenko, informaticienne de l’université de San Diego, s’est ainsi penchée sur la technique employée par Volkswagen pour tricher à ses tests. « Nous avons été capables de trouver l’arme encore fumante », annonce la chercheuse, « nous avons trouvé le système et comment l’utiliser. » Il semblerait donc qu’il s’agisse donc d’une ligne de code permettant à l’ordinateur de bord de détecter lorsque le véhicule passait un test. Celui-ci activait alors les systèmes de freinage des émissions, réduisant la quantité de polluants émis. Les systèmes se désactivaient automatiquement lors de la fin du test.

Manifestation Greenpeace devant le siège de Volkswagen, à Wolsburg, en juillet 2011.

Un an d’enquête et des preuves publiques

Épinglée par l’Agence de Protection Environnementale en 2015 pour violation du Clean Air Act après plus de six ans de contournement des normes américaines et européennes, Volkswagen n’a vraisemblablement pas bien effacé les traces de l’entourloupe : « Nous avons trouvé les preuves de la fraude laissées publiques. » C’est en effet sur le site de maintenance de la marque, ainsi que sur différents forums amateurs, que le code a été trouvé par Kirill Levchenko et son équipe de chercheurs. Un système fonctionnant d’ailleurs sur une large gamme de modèles, de la Golf à la Passat en passant par les Audi A et Q.

Lors des tests de normes d’émissions, les voitures sont généralement placées sur un châssis, équipé d’un dynamomètre mesurant la puissance du moteur, afin d’imiter la conduite réelle avec un profil de vitesse pré-établi. Des normes publiques, donc connues des constructeurs, leur permettant de prévoir des systèmes afin de contourner les règles.

Le code utilisé par Volkswagen est intégré à l’ordinateur de bord sous l’étiquette de « condition acoustique », avec pour but affiché de réduire le bruit du moteur, tout en permettant au véhicule de reconnaitre les conditions du test. Pour Kirill Levchenko — qui juge que « le test du dynamomètre n’est plus suffisant » –, cela pose un problème sur la nature des tests et sur les normes en vigueur, qui demandent des mises à jour pour s’adapter au contexte récent.

Mais le problème ne devrait pas se poser avec la Volkswagen de 2020.

Partager sur les réseaux sociaux