Après deux années moroses, le CES pourrait se renouveler en 2017 grâce à un acteur qui entre petit à petit dans le secteur de la tech : l'industrie automobile.

En 2007, Microsoft profitait du CES pour annoncer sa technologie Sync, déployée en partenariat avec un constructeur qui était loin d’être un habitué du salon : Ford. Le système était sommaire et consistait en un partage de données entre une voiture et la plateforme Microsoft Auto. À croire que Ford a pris goût à l’événement qui tourne autour des nouvelles technologies : c’est lui qui, le premier, s’est emparé du salon pour communiquer sur ses nouveautés. En 2011, Ford annonçait même à Las Vegas non pas une technologie embarquée, mais une voiture : la Ford Focus Electric.

6 ans plus tard, la presse automobile américaine a renommé ironiquement le CES Car Electronics Show et nous avons vu les stands des constructeurs de l’industrie automobile se multiplier et les véhicules s’inviter dans les stands des entreprises de la tech. Ainsi, on trouve toujours quelque chose qui roule chez Nvidia ou sur le stand Intel, deux Américains qui aiment montrer que leurs processeurs ne servent pas qu’à faire tourner des jeux vidéo mais permettent aussi à d’autres industries de progresser.

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Et en effet, le CES 2017 semble être le rassemblement des constructeurs qui ont compris, cette année, que la voiture et nouvelles technologies ne faisaient qu’un. Cette année, trois pôles qui symbolisent cette association entre deux industries vont probablement être mis en avant.

  • La connexion à bord  : on ne ne compte plus les véhicules qui, aujourd’hui, mettent en avant leur connectivité. Cela va du simple système GPS embarqué sur l’écran de bord à la compatibilité Android Auto et CarPlay, en passant par les écrans dans les sièges ou les caméras à selfie directement dans le véhicule (oui oui). C’est un aspect important, dans la mesure où même Tesla, qui est très en avance côté système embarqué, n’arrive toujours pas à offrir une expérience logicielle comparable à ce qu’on trouverait sur Android ou iOS.
    L’écran tactile immense de la Model S est joli, mais sa réactivité et son ergonomie ne font pas honneur au véhicule. On attend donc que les constructeurs profitent du CES pour montrer qu’ils ont compris qu’une interface utilisateur n’a pas le loisir d’être à la ramasse sous prétexte qu’elle est dans une voiture.
  • L’autonomie des véhicules : évidemment, qui dit technologie et voiture, dit voiture autonome (et toutes les aides à la conduite qui vont vers l’autonomie des véhicules). Nous en parlons suffisamment sur Numerama pour que vous cerniez l’importance du sujet pour l’avenir. Et le CES est clairement le salon où les constructeurs pourront montrer leur avancée dans le secteur : il symbolise à merveille l’association entre l’informatique et l’automobile. Cette année, même Renault profitera du salon pour montrer ses prototypes.

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  • La propulsion électrique : Ford avait choisi le CES pour montrer sa Ford Focus Electric et le salon semble être de plus en plus le lieu rêvé pour dévoiler de nouveaux véhicules de ce genre. Il s’agit probablement de communication bien aiguisée, vu que les constructeurs innovent aussi dans le thermique, mais la voiture électrique rime beaucoup plus avec futur. Quand ce n’est pas pour des considérations écologiques, c’est parce que la puissance des moteurs est disponible immédiatement, ce qui permet aux voitures d’avoir une accélération hors norme qui fait rêver les amateurs de vitesse.

Et en 2017, au-delà de Renault et Ford, Honda, Fiat Chrysler, BMW, Hyundai, Audi avec Delphi, Rinspeed, Toyota, Mercedes, Continental ou encore Faraday seront de la partie. Cette liste ne compte pas les constructeurs qui placeront leurs véhicules sur les stands des entreprises de la tech, ni les petites surprises que nous pourrions croiser dans les allées du CES.

Cette année devrait être d’ailleurs une aubaine pour ces constructeurs, dans la mesure où l’industrie de la tech sort hésitante de deux années où elle a tenté de lancer des concepts qui n’ont pas marché. La révolution montre connectée de 2015 n’a jamais pris, et la révolution VR de 2016 attend toujours. Côté smartphones, l’objet semble être arrivé à maturité et ne fait plus autant rêver — sans compter que le Mobile World Congress n’est qu’à quelques semaines. Dès lors, dans les premières annonces, on voit beaucoup de gadgets, d’écrans, de casques, d’ordinateurs… bref, des produits solides qui méritent d’évoluer mais qu’on a tendance à ne plus remarquer.

En 2017, la voiture a l’occasion de briller

Au contraire, la voiture, elle, a enfin l’occasion de briller à Las Vegas.

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