La lutte contre les ransomwares se poursuit, avec l'arrivée de Bitdefender dans le projet « No More Ransom », une initiative globale visant à contrer la montée en puissance des logiciels qui prennent les données en otage contre des rançons.

La lutte contre les rançongiciels (ou ransomwares en anglais) prend de l’ampleur et il s’agit d’une très bonne nouvelle pour les internautes qui en sont victimes. Cinq mois après le lancement d’un portail d’aide aux internautes, l’initiative baptisée « No More Ransom », qui est chapeautée par Europol, compte désormais un membre de plus avec le ralliement de Bitdefender.

Comme contribution à l’effort de guerre, la firme roumaine spécialisée dans la sécurité informatique annonce qu’elle met gratuitement à disposition des internautes ses outils de déchiffrement sur le site du projet. Bitdefender est la sixième boîte à partager son savoir-faire dans ce domaine ; elle rejoint ainsi d’autres noms ben connus comme Emisoft, Trend Micro, Check Point, Kaspersky Lab et Intel Security.

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Les rançongiciels sont un fléau en pleine expansion, selon Bitdefender. « Nous estimons que les pertes financières  induites par les ransomwares approcheront la barre du milliard d’euros d’ici la fin 2016, les technologies et mécanismes de sécurité traditionnels n’ayant pas permis de bloquer totalement ce type de menace » observe le directeur de la stratégie de sécurité chez Bitdefender, Catalin Cosoi.

Ces programmes sont particulièrement sournois. Leur raison d’être est de prendre en otage des fichiers sur l’ordinateur de la victime en les chiffrant de façon à les rendre inaccessibles. La victime est alors sommée de payer une rançon à son concepteur s’il veut pouvoir les lire à nouveau. Sauf que rien ne garantit que l’auteur du ransomware tiendra parole en fournissant les clés de déblocage une fois le paiement effectué.

La moitié des victimes seraient disposées à payer jusqu’à 500 dollars pour récupérer leurs données

« Selon une étude Bitdefender menée l’année dernière aux États-Unis, les ransomwares arrivent en seconde position dans les principales préoccupations des DSI des moyennes et grandes entreprises. […] . En parallèle, du côté des particuliers, la moitié des victimes seraient disposées à payer jusqu’à 500 dollars (476 euros) pour récupérer leurs données chiffrées », ajoute l’éditeur d’antivirus.

Cette menace n’est pas limitée aux ordinateurs. Elle touche aussi les smartphones des particuliers, en particulier ceux fonctionnant avec Android. Les méthodes d’infection sont parfois sournoises. L’une d’elles, pour faciliter sa diffusion, invite par exemple les victimes à aller infecter leurs proches en échange d’un déblocage de leurs fichiers. Là encore, sans avoir la certitude que la libération des données ait bien lieu.

Une initiative inédite

Il va sans dire qu’il est recommandé de ne pas céder aux pressions exercées par le rançongiciel et qu’il faut d’abord essayer de trouver une solution en se rendant sur « No More Ransom ». En effet, lors du lancement du projet en juillet, il était annoncé que le site rassemblait plus de 160 000 clés de déblocage. Ça vaut le coup d’aller voir sur le site s’il l’une d’elles marche avec le programme qui vous tourmente.

Face à cette menace, considérée comme la plus prolifique du moment, « No More Ransom » a aussi reçu le soutien de plusieurs polices européennes, dont la police nationale française, d’un certain nombre d’institutions du Vieux Continent, à commencer par la Commission européenne, ainsi que par une pléthore de partenaires du secteur privé, comme G Data et Eset.

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