La communauté d'UBports, déjà à l'origine de nombreux portages d'Ubuntu Touch sur mobile, souhaite désormais produire un dock pour la convergence. Elle lance un financement participatif.

Marius Gripsgård est à la tête d’un nouveau produit qui pourrait bien raviver l’intérêt du monde du libre pour Ubuntu Touch, la version mobile de la distribution GNU/Linux que Canonical porte à bout de bras.

MWC-Ubuntu
Canonical au MWC

Celle-ci, avec son ambition de concurrencer Android et iOS depuis bientôt 4 ans, se heurte chaque année à des échecs de plus en plus déterminants pour son avenir. Et pourtant, Canonical ne jette pas l’éponge malgré le peu d’intérêt que son système reçoit de la part des constructeurs mobiles. À l’exception de Meizu et de BQ, on compte peu de suffisamment courageux pour vouloir s’essayer à Ubuntu Touch. Malgré le nombre de projets abandonnés — qui se souvient d’Ubuntu TV ? — Canonical croit dur comme fer à son OS mobile pour une seule raison : la convergence.

Sans tenir compte de l’ironie de cet argument — sur lequel Microsoft misait pour sa stratégie mobile –, la promesse d’un seul OS et donc d’un unique appareil permettant une multitude d’usages est loin d’être idiote, notamment pour des power-users. C’est pour cela que la communauté à l’origine de la grande majorité des portages d’Ubuntu Touch sur des smartphones qui n’acceptent pas nativement l’OS s’est penchée sur le sujet.

Cette équipe s’appelle UBports et possède à son actif une petite poignée de portages réussis sur des modèles comme le Fairphone 2, le Nexus 5, ou encore le Nexus 7.  Et pour redonner à ses smartphones sous Ubuntu un véritable intérêt pour la convergence, elle a prévu de lancer un Kickstarter pour produire l’accessoire attendu par toute la communauté : un dock.

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Le produit, intitulé Station Dock, sera mis à disposition d’éventuels soutiens sur Kickstarter dans les prochaines semaines. Pour lancer son projet, l’équipe de Marius d’UBports attend la somme de 200 000 $ — moins que l’Ubuntu Edge. Et espère pouvoir livrer son dock dès février 2017.

Un dock pour le futur d’Ubuntu ?

Quel serait donc son apport principal ? La petite boite noire est composée de deux ports USB, d’un port HDMI et d’un port jack. À l’intérieur, on trouve une version de GNU/Linux propulsée par un petit ordinateur, de type Raspberry. La tâche du petit ordinateur logé dans le dock sera ensuite de décompresser les images transmises par le smartphone et de les convertir pour la sortie HDMI.

Malgré leurs velléités concernant la convergence, les smartphones Ubuntu ne supportent ni un transfert des images par MHL, ni par Slimport. Toutes les images sont donc transmises par WiFi grâce au vieux protocole Miracast.

Malgré le côté aventureux d’une telle technologie — promettre la convergence en passant par un affichage WiFi — selon Marius, le dock offre une vraie fluidité et les latences de l’affichage ne sont pas un vrai problème au quotidien. Il ajoute : « C’est comme avoir un câble HDMI, l’appareil est en charge, il a une sortie HDMI et deux ports USB.  » En effet, les deux ports du dock permettent d’ajouter un clavier et une souris à l’ensemble.

Seul le support de Miracast est alors nécessaire mais ce dernier n’est pas aussi lent que dans un cas de figure dans lequel l’écran serait relié au smartphone (façon Chromecast) puisque c’est le dock qui gère la réception du signal WiFi.

La BQ M10, la tablette convergente d'Ubuntu
La BQ M10, la tablette convergente d’Ubuntu

Si le produit a été inventé pour servir les plans de convergence d’Ubuntu Touch, Marius et son équipe ne se font pas d’illusions quant au succès de l’OS. Ils ont même préparé leur dock à fonctionner avec Android, sans quoi l’échec de leur campagne Kickstarter était, selon lui, assuré.

Il explique : «  Nous n’avons pas une communauté assez grande pour financer la somme dont nous avons besoin pour commencer la production de notre dock. Le logiciel n’est pas le problème ici, le problème c’est de trouver l’argent pour produire à grande échelle notre produit.  »

Ubuntu Touch a désespérément besoin de ça

Les faibles espoirs sur l’avenir d’Ubuntu Touch de Marius l’amènent à penser que le dock pourrait justement aider à démocratiser l’OS d’une autre manière que les tentatives de Canonical. Pour lui, cela ne fait aucun doute, l’entreprise derrière Ubuntu espère trop convaincre des constructeurs qui ne seront jamais séduits, en oubliant que les produits ne se vendaient pas.

Il l’a dit lors de l’UbuCon européenne : « Ubuntu Touch a désespérément besoin de ça [le dock] avant qu’il ne meurt. Les produits ne se vendent plus. On trouve une tablette BQ et ce n’est même pas un smartphone. Ce n’est pas ça la convergence… Notre but, c’est le smartphone.  »

Marius, toujours pragmatique, prévient : en cas d’échec du Kickstarter, les consignes pour produire soi-même son dock avec un Raspberry resteront disponibles… Mais le rêve de la convergence d’Ubuntu à grande échelle s’éloignera encore un peu plus.

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