Une déclinaison populaire de Popcorn Time vient de réapparaître, mais le mystère reste entier sur ceux qui sont derrière ce retour.

On la pensait morte et enterrée, vaincue par l’action judiciaire enclenchée par l’association en charge de protéger les intérêts de l’industrie du cinéma aux États-Unis (MPAA). Mais un peu moins de quatre mois après la disparition du plus populaire des successeurs de Popcorn Time, voilà que l’application est en train de revenir d’entre les morts.

Le compte Twitter qui servait auparavant à l’équipe de PopcornTime.io, qui était donc la déclinaison la plus appréciée de ce service de streaming, véritable « Netflix du piratage », vient en effet de donner des signes de vie en invitant les utilisateurs à découvrir la nouvelle adresse du projet qui permet de regarder gratuitement, mais en tout illégalité, des œuvres audiovisuelles.

Sur nos forums, l’un de nos membres indique qu’il avait conservé l’application proposée par PopcornTime.io même après la disparition du service. Or, il témoigne avoir reçu une mise à jour logicielle qui lui permet désormais de se servir de nouveau du programme sans avoir eu besoin de réinstaller quoi que ce soit. Dès lors, faut-il y voir la résurrection du plus couru des forks de Popcorn Time ?

Peut-être.

Le problème, c’est qu’on ne sait pas vraiment qui se trouve derrière ce retour aux affaires de PopcornTime.io, de venu PopcornTime.sh. Nos confères de Torrentfreak ont contacté plusieurs anciens membres de l’ancienne équipe, dont certains sont poursuivis par la MPAA, et tous affirment qu’ils ne sont pas impliqués dans ce projet. Même dans le cas où certains voudraient lancer leur propre Popcorn Time.

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Popcorn Time

S’agit-il d’un tout nouveau collectif, qui a repris le flambeau avec l’approbation secrète de l’ancienne équipe ? Celle-ci est-elle vraiment hors jeu ? Peut-être cherche-t-elle à brouiller les pistes, de façon à ne pas avoir d’autres problèmes par la MPAA ? Et si c’était un « pot de miel » mis en place par l’industrie du divertissement, afin d’attraper les internautes qui se livreraient à du streaming illicite ?

Comme le fait remarquer Torrentfreak, il s’avère que le code utilisé pour pousser la mise à jour de l’ancienne application, PopcornTime.io, utilise le nom de domaine Its.pt, qui passe par quatre serveurs de noms (ptn.sh, ptn.re. ptn.wf et ptm.pm) qui sont tous contrôlés par la MPAA, comme le révèle une recherche WHOIS sur l’adresse. Ce qui évidemment jette un voile de suspicion sur PopcornTime.sh.

L’incertitude demeure sur ceux qui sont derrière ce Popcorn-Time.se

À l’inverse, le nouveau projet utilise les mêmes clés privées pour signer PopcornTime.sh que celles qui étaient utilisées par l’ancienne équipe pour distribuer PopcornTime.io, ce qui ne facilite pas le démêlage du vrai et du faux. Le site PopcornTime.sh reprend par ailleurs la mise en page habituelle des projets Popcorn Time. Même le compte GitHub s’est remis en route, comme si de rien n’était.

Quant au nom de domaine utilisé, il utilise l’extension réservée à l’île Sainte-Hélène (.sh) à la place de celui pour le territoire britannique de l’océan Indien (.io).

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L’interface de Popcorn TIme.

Bien que provoquée par l’action en justice de la MPAA, la disparition de Popcorn-Time s’est aussi nourrie des dissensions internes. En effet, l’orientation mercantile du logiciel a créé des remous en interne, notamment avec l’intégration d’un service de VPN payant dans le fork principal, qui s’avère avoir été fondé par deux contributeurs de PopcornTime.io. Une décision qui a divisé les rangs.

Des développeurs ont en effet craint de se retrouver dans une fâcheuse posture sur le plan judiciaire, en cas de procès. Ces derniers ont pensé que la dimension financière du projet, avec une possible de recherche de profits, pour aggraver leur cas devant les tribunaux.

La prudence doit donc être de mise avec ce Popcorn-Time.sh. Outre les risques judiciaires qu’il fait peser sur ceux qui voudraient l’utiliser, l’incertitude sur l’identité et les intentions de ceux qui sont derrière le projet incite à prendre ses distances.

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