Détruite par l'État islamique, l'arc de triomphe de Palmyre a été reproduit dans du marbre égyptien grâce à des techniques d'impression 3D.

Apparu véritablement avec la guerre civile syrienne qui ravage le pays depuis 2011, l’État islamique s’est très rapidement fait connaître auprès de l’opinion publique par les odieuses exactions qu’il commet jour après jour contre la population ayant le malheur d’être dans sa zone d’influence. Hélas, il ne s’agit pas là de ses seuls crimes. Daech s’est aussi illustré par la destruction méthodique du patrimoine culturel et religieux en Syrie, en Irak et en Libye.

Parmi les sites archéologiques qui ont été attaqués par l’État islamique figure l’arc de triomphe de Septime Sévère. Situé à Palmyre, l’ouvrage a été construit au 3e siècle avant d’être détruit à l’explosif le 4 octobre 2015. En cause ? Les ornements se trouvant sur ses colonnes. Pour les membres de l’organisation, ces décorations sont de l’idolâtrie, ce qui est totalement proscrit dans l’islam. Reprise depuis par les forces loyalistes, la ville antique est aujourd’hui en ruines.

Tout n’est pas perdu pour autant. Grâce à la technologie, il est possible de restaurer des œuvres abîmées par le temps ou les actes de malveillance, et cela vaut aussi pour le patrimoine. La preuve : sous l’égide de l’institut de l’archéologie numérique, une reproduction de l’arc de triomphe a été réalisée grâce à une technique d’impression en trois dimensions. Toutefois, il ne s’agit pas d’une copie à l’échelle mais seulement aux deux tiers, signale la BBC.

D’un poids de six tonnes pour une hauteur de six mètres, l’arc été construit en Italie avant d’être déplacé au Royaume-Uni. Ce sont grâce aux nombreuses photos du bâtiment que ce projet, lancé au moment de l’attaque de Palmyre par Daech, a pu être mené à son terme. Un logiciel a ensuite reconstruit le bâtiment numériquement, ce qui a permis de disposer des plans adéquats pour programmer les machines chargées de sculpter la pierre dans ses moindres détails.

Arc de triomphe Palmyre

Dévoilée à Londres cette semaine, la reproduction de l’arc de triomphe a été fait en marbre égyptien. Elle sera exposée par la suite à New York, à Dubaï et dans d’autres villes avant de rejoindre Palmyre l’année prochaine. Il est question de l’installer à proximité de ce qui reste de la véritable arche, comme une sorte de témoignage de ce que les hommes sont capables de faire — et de défaire.

« Les monuments — en tant qu’incarnation de l’histoire, de la religion, de l’art et de la science — sont des dépositaires importants et complexes des récits culturels. Personne ne devrait envisager une seconde de donner aux terroristes le pouvoir de supprimer ces objets de notre histoire culturelle collective », a réagi Roger Michel, le directeur de l’institut de l’archéologie numérique au Guardian, notant que personne n’a songé à laisser Londres en ruines après le blitz allemand pendant la seconde guerre mondiale.

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