Les services de renseignement britanniques ont alerté en 2005 la maison d'édition en charge de la publication de la saga Harry Potter lorsqu'ils ont cru détecter une version préliminaire de l'avant-dernier tome.

On a tendance à l’oublier un peu aujourd’hui, mais chaque publication d’un nouvel ouvrage de la saga Harry Potter donnait lieu à de véritables évènements. Vous vous souvenez peut-être de ces files d’attente interminables devant les librairies, avec des lecteurs plus ou moins jeunes, déguisés pour ressembler aux héros de l’univers de J. K. Rowling, trépignant d’impatience à l’idée de mettre enfin la main sur le prochain tome des aventures du jeune sorcier à Poudlard.

Toute cette agitation médiatique n’a pas été sans conséquence la maison d’édition qui a publié l’ensemble du cycle au Royaume-Uni, Bloomsbury Publishing. Pour éviter que des éléments-clés de l’intrigue ne soient dévoilés avant l’heure, ce qui aurait eu pour effet de gâcher l’effet de surprise, des mesures de sécurité draconiennes ont été prises pour s’assurer qu’aucun maillon de la chaîne ne fasse défaut, du moment où J. K. Rowling couche son histoire par écrit jusqu’à la sortie des imprimeries.

Ouvrages dont Harry Potter
CC Kaboom

C’est dans ce contexte de grande fébrilité précédant la sortie d’un nouveau livre de la suite romanesque Harry Potter que Bloomsbury Publishing a reçu l’aide inattendue du Government Communications Headquarters (GCHQ), qui est l’agence en charge du renseignement électronique au Royaume-Uni. C’est ce que révèle Nigel Newton, le fondateur et directeur de la maison d’édition, dans des propos qui ont été rapportés par la BBC.

Il explique qu’il a été contacté en 2005 par le GCHQ après la découverte sur Internet de ce qui s’apparentait à une copie préliminaire du Prince de sang-mêlé, l’avant-dernier tome de Harry Potter. Cependant, après une page lue par l’éditeur, il s’est avéré que cette version était un faux, au grand soulagement de Nigel Newton. « Nous avons heureusement beaucoup d’alliés », a-t-il commenté, sans s’étendre sur l’aide qu’ont pu apporter les espions britanniques.

La sortie du Prince de sang-mêlé a été un moment très délicat à négocier pour Bloomsbury et pour toutes les maisons d’édition chargées de le traduire dans d’autres langues. C’est en effet dans ce tome que des évènements majeur arrivent à un personnage important de l’intrigue. Tout l’enjeu était donc de masquer à la fois l’identité de ce personnage et de cacher le plus longtemps possible ce qui lui arrive.

Nous avons heureusement beaucoup d’alliés

Derrière l’anecdote, cette histoire révèle une facette inattendue du GCHQ. Alors qu’on l’imagine plutôt en train de mobiliser ses ressources pour traiter des problématiques liées au terrorisme, au crime organisé et à toutes sortes de trafic, l’agence garde manifestement un œil sur d’autres sujets qui ne sont pas directement liés à la sécurité du pays et de la population. Y compris ceux ayant une « simple » portée culturelle, comme la sortie d’un tome de Harry Potter.

Cela étant, même avec le concours du GCHQ, il n’a pas été possible d’empêcher le piratage du roman. En effet, Le Prince de Sang-Mêlé s’était retrouvé en e-book seulement 12 heures après la sortie officielle de l’œuvre dans les librairies, grâce à une organisation hors-pair de lecteurs internationaux.

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