Un député interpelle le gouvernement au sujet des personnes paralysées qui ne peuvent pas utiliser un clavier ou un écran tactile. Elles rencontrent dès lors toutes les difficultés du monde à profiter des livres électroniques.

L’enjeu du handicap recouvre des réalités et implique des difficultés très diverses : de la paraplégie à la cécité, en passant par les troubles neurologiques, la surdité ou bien la perte d’un membre, les personnes en situation de handicap sont confrontées à des problèmes d’accessibilité variés. Or, les solutions qui peuvent être parfois envisagées sont rarement en mesure de répondre à tous les cas de figure.

C’est justement sur un cas de handicap bien précis que Romain Grau a tenu à attirer l’attention de Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées. Le député des Pyrénées-Orientales a déposé une question écrite dans laquelle il lui demande ce que le gouvernement compte éventuellement faire pour les personnes qui sont presque entièrement paralysées.

« Certaines personnes sont empêchées de toute action sur un clavier ou un écran tactile »

« Certaines personnes souffrant d’un handicap moteur sont empêchées de toute action sur un clavier ou un écran tactile. Il ne leur reste plus que la possibilité de commander des fonctions par l’intermédiaire d’un contacteur placé sur ou à proximité d’une partie du corps encore mobile ou d’utiliser une commande oculaire », expose-t-il, une situation qui fait penser à Stephen Hawking.

Complètement paralysé et privé de la parole, le célèbre physicien a bénéficié à partir de 2001 d’un système qui détecte, grâce à un capteur infrarouge fixé sur ses lunettes, les contractions des muscles de sa joue, ce qui lui permet de sélectionner du texte, lettre par lettre. Avec lui, il pouvait écrire jusqu’à cinq mots par minute. Toutefois, le système est devenu moins pratique suite à l’aggravation de son état.

En 2013, Intel a lancé des travaux pour une nouvelle interface capable d’exploiter les mouvements des lèvres et des sourcils, encore sous le contrôle du scientifique, faisait savoir à l’époque Futura-Sciences, notant au passage que l’entreprise songeait aussi à élaborer un système de communication s’appuyant sur la reconnaissance faciale — mais limitée, du fait de l’état de Stephen Hawking.

Mais tout le monde n’est pas Hawking. L’attention que lui porte la communauté scientifique et technologique pour communiquer et pouvoir faire certaines choses seul ne se manifeste pas avec la même intensité pour le tout-venant — même si les efforts réalisés pour le scientifique peuvent ensuite profiter à d’autres : en 2015, Intel a rendu open source le système de communication développé pour lui.

CC James Tarbotton

C’est dans ce cas de figure que l’élu se place : «  ces accessoires ou logiciels n’offrent pas toutes les possibilités ouvertes par la technologie, particulièrement concernant l’utilisation des liseuses. Ainsi, il est impossible pour eux de lire sur un écran adapté à la lecture de livres », écrit-il. La compatibilité des commandes oculaires ou des contacteurs avec ces appareils ferait ainsi défaut.

Aussi demande-t-il à l’exécutif « d’intervenir ou sensibiliser les concepteurs de ces logiciels » pour « qu’ils prévoient une offre complète permettant à tous d’avoir recours à l’ensemble des possibilités qu’offrent aujourd’hui les outils numériques ». Publiée au Journal officiel le 5 décembre, la question du parlementaire n’a pas encore reçu de réponse de la part du gouvernement.

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