L'Assemblée nationale a levé l'immunité parlementaire de Marine Le Pen. Celle-ci risque en théorie jusqu'à cinq ans de prison pour avoir diffusé en 2015 sur son compte Twitter des photos d'exactions réalisées par l'État islamique.

Marine Le Pen n’a plus d’immunité parlementaire. En effet, le bureau de l’Assemblée nationale, plus haute autorité collégiale de la chambre basse du parlement français, a pris la décision de ne plus maintenir la protection juridique de la députée d’extrême-droite, selon les informations de l’AFP. La patronne du Front national ne peut donc plus se retrancher derrière cette disposition spéciale : elle doit désormais se plier aux convocations de la justice.

Et justement, les magistrats pourraient avoir quelques questions à poser à Marine Le Pen. En effet, celle qui est arrivée au second tour de l’élection présidentielle française de 2017 avait publié deux ans plus tôt des photos montrant des exactions commises par des partisans de l’État islamique. Ces publications, faites sur Twitter, étaient accompagnées du commentaire : « Daesh, c’est ça ! ».

À l’origine de cette série de clichés, une polémique entre Marine Le Pen et l’animateur de radio Jean-Jacques Bourdin, qui avait établi un parallèle entre le Front national et l’État islamique en recevant Gilles Kepel, un politologue expert de l’islam et du monde arabe. Cette comparaison avait vivement agacé la cheffe du FN, qui avait cherché, avec cette action, à rappeler la sauvagerie de l’État islamique.

Sans surprise, ses partisans s’étaient mêlés à la controverse, à l’image de Gilbert Collard, qui a lui aussi relayé ces photos, en déclarant : « Bourdin compare le FN à Daech : le poids des mots et le choc des bobos ! ». Une solidarité politique logique mais risquée puisque l’élu a lui aussi perdu son immunité parlementaire, ce qui pourrait lui coûter cher sur le plan judiciaire.

Ce que dit le code pénal

En effet, plusieurs articles de loi issus du code pénal peuvent être invoqués pour intenter une action contre la présidente du FN, notamment ceux sanctionnant la diffusion d’un enregistrement de torture, de mutilation, de meurtre ou de barbarie (entre autres), la diffusion d’un message violent ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine ou la diffusion d’une atteinte à l’intégrité d’un cadavre, par quelque moyen que ce soit.

Des dispositions particulières concernant le jeune public, c’est-à-dire les mineurs, peuvent même être envisagées, puisque Twitter est fréquenté par bon nombre de personnes ayant moins de 18 ans.

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