Incluse dans le programme d'Emmanuel Macron, la question de l'intelligence artificielle va faire l'objet d'une mission d'information d'ici la fin de l'année. Le gouvernement a fait appel au député Cédric Villani, mathématicien de formation et connaisseur de cette problématique, pour l'éclairer.

C’est le candidat tout désigné pour conduire une mission d’information sur l’intelligence artificielle. Mathématicien de formation, ancien directeur de l’Institut Henri-Poincaré et lauréat de la médaille Fields en 2010, le député Cédric Villani a reçu du gouvernement la tâche de plancher sur le sujet au cours des trois prochains mois afin d’éclairer l’exécutif sur cette problématique.

Cédric Villani / CC Marie-Lan Nguyen

C’est Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État au Numérique, qui a annoncé au Journal du dimanche la nature de la mission qui a été confiée au parlementaire de l’Essonne. Une surprise ? Pas vraiment : l’intéressé manifeste depuis un certain temps déjà un appétit pour ce sujet, et son expertise est recherchée : en mars, il était nommé conseiller scientifique de Boston Consulting Group sur les sujets de Big Data.

« L’intelligence artificielle, c’est l’une des transformations les plus majeures, les plus radicales de ces dix prochaines années », observe Mounir Mahjoubi. « Les États qui arriveront à maîtriser ces technologies auront un avantage pour le siècle à venir ». Pas question donc pour la France de louper le coche. Surtout que « la recherche française est très active sur ce sujet », confiait Cédric Villani aux Échos en mars.

Cela étant, rien n’indique que la mission attribuée au député débouche sur quoi que ce soit de concret.

France IA

Il s’agit avant tout d’informer Matignon — et l’Élysée — sur la manière dont les Français peuvent se préparer à penser ce nouveau monde qui arrive,. Il faut dire que le précédent gouvernement a déjà aménagé la voie avec le rapport d’un groupe de travail remis ce printemps et contenant une cinquantaine de propositions. Et prévu une enveloppe de 1,5 milliard d’euros sur dix ans.

Formation, recherche, financement mais aussi compréhension par les citoyens des mécanismes de ces nouveaux procédés de travail en informatique : telles sont les problématiques sur lesquelles ont planché les experts consultés dans le cadre de ce rapport. « Les nations qui maîtriseront l’intelligence artificielle seront les puissances de demain », commentait alors François Hollande.

Emmanuel Macron veut une stratégie nationale pour l’IA

L’idée est surtout « de proposer une stratégie pour les prochaines années, définir si un débat national doit être mené et sur quels sujets », précise Mounir Mahjoubi.

Ça tombe bien : c’est exactement ce que propose Emmanuel Macron dans son programme pour la présidentielle : il plaide pour « une stratégie nationale pour l’IA dont le développement va avoir de profonds impacts sur une série de secteurs. Les chercheurs français sont bien armés pour y jouer un rôle majeur. La première étape sera d’évaluer ses usages potentiels et ses enjeux pour le travail et l’emploi de demain ».

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