La Chine poursuit son programme de cyber-sécurité avec l'adoption d'une nouvelle législation, qui doit entrer en vigueur en juin 2017. Le texte adopté exige la surveillance gouvernementale étroite des informations publiées en ligne par des rédactions.

La Chine continue de déployer sa grande muraille numérique, après avoir banni provisoirement les VPN au début de l’année 2017. Beijing poursuit sur sa lancée et vient de publier, le 2 mai 2017, une législation plus stricte à l’égard des portails d’information en ligne et des opérateurs, indique Reuters.

Depuis quelques mois, le président Xi Jinping fait de la cyber-souveraineté chinoise la priorité absolue d’une vaste campagne, dans laquelle il a plus largement réaffirmé le rôle du Parti communiste. Ce dernier est notamment chargé de contrôler les discussions en ligne et de bannir tout contenu qui ne serait pas approuvé par le gouvernement.

Les rédactions surveillées par le gouvernement

Publiée sur le site de l’administration chinoise chargée de la cybersécurité (Cyberspace Administration of China, ou CAC), ces nouvelles règlementations étendent les restrictions en matière de publication d’informations produites et publiées sur des plateformes en ligne. Autrement dit, les équipes rédactionnelles produisant de telles informations seront, en vertu de ce texte, chapeautées et sanctionnées par le parti.

La législation doit entrer en vigueur le 1er juin 2017, précise Reuters. Le texte s’appliquera à tous les reportages politiques, économiques, militaires, diplomatiques, aux articles d’opinion publiés sur les blogs, sur les sites, les forums, les moteurs de recherche, les applications de messagerie instantanée, et, plus largement, toutes les plateformes qui sélectionnent ou éditent des informations.

CC Radek Szuban

Par ailleurs, le texte exige que l’intégralité de ces plateformes soit tenue par des équipes rédactionnelles approuvées par le bureau du gouvernement en charge de l’information et d’Internet. Les rédacteurs devront en outre relayer les informations transmises par le gouvernement central du pays. Seuls les fonds publics seront acceptés pour rémunérer le travail de rédaction, distingué des opérations commerciales.

Les opérateurs se verront également appliquer les mêmes règles que celles imposées aux médias. Par ailleurs, toute entreprise domiciliée en Chine qui souhaitera s’associer avec un partenaire étranger, ou accepter un financement en provenance de l’étranger, devra faire l’objet d’une évaluation de la part du bureau d’État en charge de l’information et d’Internet.

Si le contenu publié sur Internet est déjà largement dominé par la censure gouvernementale, la Chine renforce son contrôle en incluant à cette législation les fournisseurs de réseaux ; elle pourra exiger d’eux des examens de sécurité dans le cas où leurs services seraient utilisés par des personnes portant atteinte à « la sécurité nationale et l’intérêt public. »

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