Bien qu'Edward Snowden avoue ne pas jouer à Pokémon Go, le lanceur d'alerte reste convaincu que la réalité augmentée jouera un rôle politique déterminant à l'avenir.

Mi-novembre, Edward Snowden donnait une nouvelle conférence à Oakland, en Californie, depuis son robot de téléconférence invité sur la scène du festival organisé par le site Fusion. La machine dotée d’un écran et de roulettes se déplaçait selon les demandes de Snowden, toujours exilé en Russie.

À cette occasion, le lanceur d’alerte a encouragé le public à utiliser la réalité augmentée même s’il confie : « Je n’ai pas beaucoup joué à Pokémon Go… Mais la réalité augmentée permet d’améliorer l’investissement de chacun et de transformer la manière dont nous voyons les gens dans notre quotidien.  »

Réalité politique augmentée

Pour lui, le modèle de Pokémon Go s’applique à d’autres usages. Ainsi, à la place de Pikachu, vous pourriez en apprendre plus sur les lieux de votre quotidien, leur histoire politique et sociale en abordant des questions variées, comme « qui a pu habiter ici ? »,  « des drames y ont-ils eu lieu ? »…

« Vous réalisez que vous n’êtes pas seulement en train de regarder le monde d’une autre manière, mais que même votre rapport à celui-ci est différent » précise-t-il, avant d’ajouter que les citoyens du monde ne devaient pas attendre des politiques de les protéger, mais qu’ils devaient travailler à cela eux-mêmes. « C’est un plan bien plus fiable que d’attendre de voir Donald Trump sauver le monde  », selon Snowden.

CC TED
CC TED

Aux yeux du lanceur d’alerte, les dispositifs de visioconférence mobiles qu’il utilise sont une révolution politique. Il espère bientôt gagner un peu plus d’ubiquité numérique grâce aux prochaines technologies, que ce soit en réalité virtuelle ou augmentée : « Nous vivons un moment extraordinaire, c’est la fin de l’exil en tant qu’outil politique de répression.  »

Malgré la distance et l’immobilité, comment prétendre, en effet, que l’exil de Snowden en Russie l’a fait disparaître du paysage médiatique ? C’est tout le propos du lanceur d’alerte qui estime que la technologie autour des téléconférences et, à l’avenir, des nouvelles réalités, augmentées ou virtuelles, n’abolit pas seulement la distance : elle modifie les rapports de force politiques.

Depuis son exil en Russie, Snowden donne ainsi des dizaines de conférences chaque année grâce à différentes technologies. Son robot de téléconférence est devenu si iconique qu’on le trouvait au premier plan du dernier film d’Oliver Stone, un biopic sur le lanceur d’alerte, et qu’il a été surnommé « Snowbot » par le New York Magazine.

Le lanceur d’alerte, qui se dit prêt à abandonner son avatar, explique : « Dans les prochaines années, je ne serai peut-être plus un corps à roulettes. Je n’aurai peut-être même plus aucune présence physique mais cela sera peut être plus réel que jamais. » À quand les conférences d’Edward Snowen en réalité virtuelle ?

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