La Finlande devrait lancer au 1er janvier 2017 un programme d'expérimentation du revenu de base, auprès de 2 000 personnes sans emploi. Une expérience qui montre toute l'ambiguïté politique de l'idée qui peut aboutir au meilleur comme au pire.

Que l’on se place à gauche ou à droite de l’échiquier politique, l’idée d’un « revenu universel de base » trouve généralement ses partisans, pour des raisons très différentes qui en font l’un des sujets politiques les plus passionnants du moment.

Les premiers tendent à trouver dans l’idée d’un revenu garanti une manière de s’affranchir de la contrainte du travail socialement obligatoire et de vivre dignement quels que soient ses choix et incidents de vie, en particulier à l’heure où la robotisation et la numérisation remplacent des emplois plus vite qu’elles n’en créent de nouveaux. Les seconds voient dans le revenu de base la possibilité de supprimer la complexité des aides sociales existantes au profit d’une prestation unique, qui au final pourrait coûter moins cher à la société que les multitudes d’aides conditionnées.

En Finlande, c’est clairement cette dernière argumentation qui l’emporte. Le ministère finlandais des affaires sociales et de la santé a en effet confirmé son intention de lancer une expérimentation du revenu de base dès le 1er janvier 2017, et a pour ce faire ouvert une consultation publique jusqu’au 9 septembre 2016. Mais alors que certains redoutent que l’instauration d’un revenu de base ne crée une incitation à l’oisiveté, le gouvernement finlandais veut au contraire en faire une incitation au travail.

560 euros par mois, et c’est tout

Ainsi, alors que l’an dernier la Finlande évoquait encore un montant de 800 euros par mois et par personne, ce ne sont finalement que 560 euros par mois qui seront versés aux « bénéficiaires », par la sécurité sociale. Cette prestation viendra totalement remplacer les autres revenus versés par l’État, en particulier les indemnités chômage, de sorte que le test devrait permettre de vérifier si le mécanisme « promeut l’emploi », c’est-à-dire s’il est suffisamment élevé pour survivre, et suffisamment faible pour donner envie de trouver du travail rémunéré.

Loin d’être « universel », le revenu de base finlandais sera testé d’abord sur une population test de 2 000 chômeurs choisis au hasard, qui auront l’obligation d’accepter de jouer les cobayes quels que soient leurs niveaux d’indemnités chômage, pour ne pas fausser les résultats du test par un biais qui écarterait ceux que le revenu de base n’avantage pas. Le programme devrait durer deux ans, de 2017 à 2018.

Même si ça n’est pas précisé, en principe le « revenu de base » fait qu’il continuera à être reçu par les personnes qui retrouvent un emploi, en complément de leur salaire. La pauvreté induite pour certains ne serait donc que provisoire, et se transformerait en meilleure fortune dès le retour à l’emploi.

« L’expérimentation du revenu de base est l’une des activités [du gouvernement] qui visent à réformer la sécurité sociale pour qu’elle corresponde mieux aux changements de la vie du travail, à réviser la sécurité sociale pour encourager la participation et l’emploi, réduire la bureaucratie et simplifier le système complexe des prestations d’une manière tenable au regard des finances publiques », résume le ministère finlandais.

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