Le site de rencontres pour adultes Ashley Madison, spécialisé dans les liaisons adultérines, fait maintenant l'objet d'une enquête de la Federal Trade Commission. Il y a un an, le site subissait un piratage de grande ampleur.

Le scandale du piratage du site Ashley Madison, qui propose de faire des rencontres extraconjugales, continue de provoquer des remous aux États-Unis. Alors que les faits remontent déjà à l’année dernière, la Federal Trade Commission (FTC), qui est l’autorité chargée de faire respecter le droit de la consommation outre-Atlantique, s’est manifestée en déclenchant une enquête sur l’éditeur canadien Avid Life Media, le propriétaire du site sulfureux.

Rapportée par Reuters, l’information contient encore des zones d’ombre. La portée des investigations conduites par la FTC n’est par exemple pas encore connue avec certitude : l’examen va-t-il se concentrer sur la sécurisation du site (de nombreuses informations très sensibles ont été publiées à la suite du piratage, dont des données de membres, leurs fantasmes et les courriers de la direction) ou se pencher sur d’autres aspects, qui ont également suscité la controverse ?

Ashley Madison, l'insolent hacké
Ashley Madison

La FTC pourrait tout à fait se pencher sur les programmes informatiques qui ont été développés pour simuler les réponses d’une femme tentée par l’adultère et berner les (vrais) clients qui paient pour accéder au site et avoir une aventure extraconjugale. Ces logiciels, baptisés « fembots », mot-valise entre « female » et « robot », constituent en quelque sorte une tromperie sur la marchandise, ce qui pourrait donner lieu à des sanctions de la part de la FTC.

Selon un rapport rédigé par Ernst & Young et commandé par Avid Life Media, l’usage de ces « fembots » a été confirmé sur Ashley Madison.

L’usage des fembots est aussi un motif légitime d’enquête pour la FTC

L’éditeur canadien a procédé à leur désactivation en 2014 pour les USA, le Canada et l’Australie et 2015 pour le reste du monde. Cela étant, quelques échanges entre la clientèle du site et des « fembots » étrangers auraient persisté jusqu’à fin 2015. Il n’est pas indiqué si ces « fembots » étrangers sont sous le contrôle de l’éditeur ou s’ils sont pilotés par un site concurrent, en vue d’attirer des clients sur d’autres sites.

À la suite de la démission de Noel Biderman, le PDG du groupe Avid Life Media, la direction de la société a été confiée en avril à Rob Segal (CEO) et James Millership (président). Outre la sécurisation du site et l’enquête de la FTC, ils doivent également faire face à des recours collectifs lancés aux USA et au Canada par des membres qui ont découvert impuissants la diffusion de leurs données privées sur Internet.

L’affaire avait également mis en lumière la faiblesse des mots de passe employés par les usagers pour protéger leur compte. Une analyse réalisée l’an dernier sur une partie d’entre eux, plus de 11 millions, a montré que 123456, qwerty ou password font partie des choix les plus populaires. Pour parvenir à ce constat, les auteurs ont exploité les limites techniques de la méthode de chiffrement utilisée par Ashley Madison pour les protéger.

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