La base de données du site Ashley Madison publiée par les hackers du groupe "Impact Team" contient également les préférences sexuelles et les fantasmes décrits par plus de 30 millions de membres du site dédié aux maris et épouses infidèles.

Ce ne sont pas simplement les noms et adresses e-mail des clients du site Ashley Madison que des hackers ont publié la nuit dernière, mais aussi beaucoup d'autres informations personnelles, voire très personnels. Le site Hydraze a analysé les bases de données qui ont fuité, et confirmé que la table SQL "am_am_member" contenait aussi des informations sur les préférences sexuelles de 33 millions de membres du site réservés aux personnes mariées en quête de relations extraconjugales.

Selon Ars Technica, les informations montrent ainsi que telle personne recherche "des plans à trois", que telle autre préfère être "dominée" ou au contraire être "dominante", qu'elle aime se faire attacher ou insulter, etc., etc. La base de données montre également les éventuelles préférences homosexuelles d'époux ou d'épouses qui, à la ville, sont mariés à une personne de l'autre sexe.

Une autre table, "aminno_member", contient le descriptif physique de la personne (poids, taille, couleur des yeux, type ethnique, couleur des cheveux, etc.), ses photos publiques ou privées, ses "ouvertures" à des pratiques sexuelles, ou ses recherches. Elle contient également la "question de sécurité" et sa réponse, utilisés lorsque l'internaute a perdu son mot de passe. Il s'agit généralement des questions personnelles.

Le préjudice moral des personnes concernées est potentiellement énorme, et nul doute que les journaux à scandales recherchent déjà des noms de célébrités ou de personnalités importantes pour révéler leurs "travers moraux". Plus de 15 000 comptes ouverts avec des adresses e-mail appartenant à l'administration américaine (.gov) ou à l'armée (.mil) ont d'ores et déjà été découverts dans les bases.

Ashley Madison a réagi en appelant à dénoncer les membres d'Impact Team pour permettre leur poursuite en justice. L'entreprise est victime à plus d'un titre puisqu'outre une réputation désormais très entachée, elle a aussi vu de nombreuses informations internes divulguées, comme les mots de passe de ses domaines Windows, ses documents de méthodes de vente, ses contrats avec des prestataires, ses notes d'organisation, etc.

Lors de ses menaces de publication, Impact Team avait expliqué que la raison de son action était le fait que le site exigeait des membres inscrits 19 dollars pour supprimer leurs données visibles dans les pages du site. Le groupe avait demandé à la maison-mère canadienne Avid Life Media de fermer Ashley Madison et deux autres sites sulfureux, pour éviter l'embarras de ses millions de clients. Un chantage que le groupe avait semblé prendre à la légère, à tort.

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