Un site internet conçu par un jeune étudiant de 19 ans a permis de faire annuler 160 000 amendes pour mauvais stationnement délivrées à Londres et à New York. En France, la contestation en ligne est aussi possible depuis 2015, grâce à une application officielle de l'État.

Certains espèrent déjà que le projet sera imité en France. Un jeune étudiant d’origine britannique de 19 ans, Joshua Browder, a mis en ligne il y a un peu moins de deux ans le site DoNotPay.co.uk, qui permet de contester facilement les PV reçus en cas de mauvais stationnement, et ce gratuitement. 21 mois plus tard, il a permis de faire annuler 160 000 amendes, pour le plus grand désarroi de l’administration.

Son application est pour le moment utilisable pour les PV reçus à Londres et à New York. Faussement présentée comme un « chatbot », ce qui le fait paraître pour plus intelligent qu’il n’est en réalité, il s’agit en fait de différents formulaires que l’utilisateur peut remplir en fonction de sa situation. DoNotPay demande en effet à l’internaute la raison pour laquelle il pense que son amende devrait être annulée, et fournit ensuite un formulaire spécifique pour défendre chaque cas, en fonction de la loi et de la jurisprudence.

Tous les formulaires remplis génèrent automatiquement une contestation en bonne et due forme

Ainsi par exemple, à Londres, il sera possible d’expliquer que l’on a dû se garer en vrac pour des raisons d’urgence médicale, et le formulaire demande alors de fournir des éléments de preuve comme le nom du médecin ou de l’hôpital qui est intervenu, le nom de la personne soignée en urgence, etc. En cas de problème avec les panneaux de signalisation, il faut d’abord préciser si c’est une absence de panneaux ou une signalisation contradictoire, et le site demande le nom de la rue et suggère fortement de joindre une photo.

contestation-pv

L’application n’incite pas à faire sauter des PV qui seraient justifiés, mais fournit aux automobilistes un moyen très simple de contester ceux qui méritent de l’être. Tous les formulaires remplis génèrent automatiquement une contestation en bonne et due forme, envoyée aux services de l’administration, qui sont dans l’obligation de les traiter et d’y donner suite favorable si les arguments présentés sont bons.

Selon The Guardian, 64 % des 250 000 formulaires déjà remplis avec DoNotPay ont permis de faire annuler le PV, ce qui représenterait plus de 4 millions de dollars de recettes en moins pour les caisses des municipalités concernées.

Ce n’est pas le premier outil du genre. Gizmodo rappelle ainsi qu’en 2014, une application baptisée Fixed avait vu le jour avec le même principe, mais qu’elle avait conduit les administrations à arrêter leurs services de contestations en ligne. La mairie de San Francisco avait été jusqu’à débrancher son fax qui était saturé de demandes d’annulation de PV.

Contester un PV en France

En  France, le site officiel de l’ANTAI (Agence nationale de traitement automatisée des infractions) permet depuis l’an dernier de contester un PV par un formulaire en ligne, en offrant également différentes hypothèses : véhicule vendu ou volé, usurpation de plaques d’immatriculation, autre conducteur… Le service est gratuit et permet également d’ajouter des pièces jointes telles que des photographies.

antai

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