Selon des témoignages recueillis par la presse américaine, Omar Mateen utilisait depuis plusieurs années des applications de rencontres gays, que les enquêteurs devront désormais examiner.

Omar Mateen, qui a tué 49 personnes et en a blessé 53 autres dans une discothèque LGBT de la ville d’Orlando, a revendiqué son action au nom de l’État islamique, tandis que son père y a vu un geste d’homophobie morbide. Mais il sera difficile de connaître ses motivations réelles, et sa psychologie profonde. Il faudra beaucoup de travail aux enquêteurs pour tenter de reconstruire le parcours de Mateen pour comprendre comment cet homme âgé de 29 ans, Américain d’origine afghane, divorcé et père d’un petit garçon de trois ans, a pu en arriver à commettre l’attentat le plus meurtrier aux États-Unis depuis le 11 septembre 2001.

OmarMateen

Ce sera d’autant plus difficile que le portrait s’annonce complexe, en particulier sur le plan de l’homophobie. Selon plusieurs témoignages de clients réguliers, Omar Mateen s’était déjà rendu plusieurs fois au club Pulse où il a commis son acte criminel. « Parfois il se mettait dans un coin et restait debout et buvait tout seul, d’autres fois il devenait si saoul qu’il était bruyant et vindicatif  », témoigne ainsi un client auprès du Orlando Sentinel. Au moins quatre habitués des lieux auraient corroboré l’information.

Dans le Canadian Press, un couple marié de drag-dansers affirme avoir vu Mateen «  au moins une douzaine de fois », et même avoir pris des verre avec lui en riant, autour de lesbiennes. Un ami de l’école de police, dans le Palm Beach Post, affirme pour sa part que lui et Mateen se rendaient parfois dans des nightclubs gays, et qu’Omar Mateen l’avait invité à sortir avec lui en 2006, ce qu’il aurait refusé.

Jack’d, Grindr, Adam4Adam… des applis gays avec Omar Mateen

Par ailleurs, le Los Angeles Times rapporte que de nombreux utilisateurs d’applications de rencontres gay ont affirmé qu’Omar Mateen avait parlé avec eux à travers l’application, et qu’ils l’avaient reconnu en voyant sa photo à la télévision, ou en le croisant le soir de la tuerie. C’est lui qui, semble-t-il, faisait la démarche d’envoyer sa photo pour entrer en contact avec des hommes gays, et ce depuis longtemps.

L’un d’eux affirme par exemple qu’il a échangé des messages avec Mateen pendant au moins un an sur l’application Jack’d, décrite sur son site officiel comme «  l’appli de rencontre la plus importante et avec la plus forte expansion pour les mecs qui veulent rencontrer des mecs ». Il a immédiatement fourni ses identifiants au FBI pour que les enquêteurs puissent accéder aux conversations sans avoir à passer par un mandat.

D’autres internautes gays évoquent son profil croisé sur l’application Adam4Adam, également réservée exclusivement aux hommes homosexuels, et sur l’application Grindr, « le site gay de vos rencontres entre mecs ». Nul doute que les enquêteurs chercheront à obtenir copie des échanges qu’il a pu avoir avec les autres utilisateurs, ce qui posera nécessairement des difficultés liées au respect de la vie privée des individus concernés.

En revanche, il ne semble y avoir aucun témoignage d’une relation homosexuelle impliquant directement Mateen. Il est donc difficile de savoir à ce stade si le tueur utilisait les applications pour repérer d’éventuelles victimes de son projet criminel, ou s’il était lui-même un homosexuel (à peine) refoulé, qui aurait projeté sur les autres une forme de détestation de lui-même.

Ouvertement favorable aux Talibans, le père d’Omar Mateen a été prompt à nier le caractère religieux de l’acte de son fils, et à affirmer que Mateen était passé à l’acte après avoir été choqué de voir deux hommes s’embrasser dans la rue. Selon le témoignage du couple interrogé par le Canadien Press, Omar Mateen se plaignait parfois de la violence paternelle.

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